‹ uvres complètes de Regnard (volume 5)Chapitre 25 sur 200 · A MIL A RÉ · texte numérisé non relu

A MIL A RÉ

Eh bien ! monsieur, voilà un autre air en d la ré sol.

La Rissole vous-même. Je vous trouve bien admirable de me donner des sobriquets.

AMILARÉ.

Voilà un homme qui est bien fâcheux! Je vous dis, monsieur, que cet air-là est en d la ré sol, et qu'il n'est pas si difficile que l'autre.

TROTENVILLE.

Qui n'est pas si difficile que l'autre ! Croyez-vous , mon ami, que la musique m'embarrasse? Je vous trouve plaisant.

6o LE DIVORCE.

AMILARÉ.

Je ne dis pas cela... Allons. (Ils chantent ensemble.) Cupidon ne sait plus de quel bois faire flèche. Cela ne vaut pas le diable. (BëRayant.) Cu, eu, eu.

TROTENVILLE.

Cu, CU, CU... Voilà un air bien puant.

AMILARÉ.

Allons, monsieur, tout de bon : Cu, cu, cu... Chantez donc juste, si vous voulez.

TROTENVILLE, lui jetant le papier au nez. Oh! chantez juste vous-même; je sais bien ce que je dis. Est-ce que je ne vois pas bien qu'il faut marquer là une dissonance, et que l'octave s'entrechoquant avec l'unisson, vient à former un dièse bémol. Mais, voyez cet ignorant!

AMILARÉ.

Monsieur, avec votre permission, si les musiciens n'en savent pas plus que vous , ce sont de grands ânes.

Plaît-il, mon ami? Savez-vous que vous êtes un sot par nature , par bémol et par bécarre ? Je vous apprendrai à insulter ainsi la croche françoise.

AMILARÉ.

Un sot ! à moi ! (Il donne de son chapeau dans le visage de Troten ville. )

TROTENVILLE, mettant la main sur son épe'e.

Par la mort! par le sang!... Mesdames, je vous donne le bonsoir. (Ils'envad'uncôté,etAmilaréderautre.)

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