‹ uvres complètes de RegnardChapitre 113 sur 288 · ACTE II, SCÈNE Xt · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE Xt

Suivez , suivez l'ardeur de vos emportements ; Mon cœur n'en aura point de jaloux sentiments.

N É R I N E , bas à Angélique.

Optimè.

VA LE RE

Désormais, plein de votre tendresse, Nulle autre passion n'a rien qui m'intéresse : Tout ce qui n'est point vous me paroît odieux.

ANGÉLIQUE, d'un ton plus tendre.

Non , ne vous présentez jamais devant mes yeux.

N É R I N E , bas à Angélique.

Vous mollissez.

VALÈRE

Jamais ! quelle rigueur extrême !

Jamais ! Ah ! que ce mot est cruel quand on aime ! Hé quoi ! rien ne pourra fléchir votre courroux? Vous voulez donc me voir mourir à vos genoux?

ANGÉLIQUE

Je prends peu d'intérêt, monsieur, à votre vie.

N É R I N E , bas à Angélique.

Nous allons bientôt voir jouer la comédie.

VALÈRE

Ma mort sera l'effet de mon cruel dépit.

N É R I N E , bas à Angélique.

Qu'un amant mort pour nous nous mettroit en crédit î

Vous le voulez? Eh bien ! il faut vous satisfaire, Cruelle ! il faut mourir,

(Il veut tirer son épée.)

i8o LE JOUEUR.

ANGÉLIQUE, l'arrêtant.

Que faites-vous, Valère?

N É R I N E , bas à Angélique.

Eh bien ! ne voilà pas votre tendre maudit Qui vous prend à la gorge ! Euh !

ANGÉLIQUE, bas à Nérine.

Tu ne m'as pas dit, Njérine , qu'il viendroit se percer à ma vue : Et je tremble de peur quand une épée est nue.

N É R I N E , à part.

Que les amants sont sots !

VALÈRE

Puisqu'un soin généreux Vous intéresse encore aux jours dun malheureux, Non , ce n'est point assez de me rendre la vie ; Il faut que par l'amour, désarmée, attendrie, Vous me rendiez encor ce cœur si précieux. Ce cœur sans qui le jour me devient odieux.

ANGÉLIQUE, bas à Nérine.

Nérine , qu'en dis-tu ?

NÉRINE, bas à Angélique.

Je dis qu'en la mêlée Vous avez moins de cœur qu'une poule mouillée.

VALÈRE

Madame, au nom des dieux, au nom de vos attraits..

ANGÉLIQUE

Si vous me promettiez...

VALÈRE

Oui, je vous le promets,

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