‹ uvres complètes de RegnardChapitre 122 sur 288 · ACTE III, SCÈNE IV. igS · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV. igS

Ah! qu'à notre secours à propos vous venez ! Encore un jour plus tard , nous étions ruinés.

Je le crois.

HECTOR

N'allez pas sur les points vous débattre ; Foi d'honnête f;arcon , je n'en puis rien rabattre : Les choses sont, monsieur, tout au plus juste prix; De plus je vous promets que je n'ai rien omis.

GÉRONTE

Finis donc.

HECTOR

Il faut bien se mettre sur ses gardes. « Mémoire juste et bref de nos dettes criardes, « Que Mathurin Géronte auroit tantôt promis , « Et promet maintenant de payer pour son fils. »

GÉRONTE

Que je les paie ou non , ce n'est pas ton affaire. Lis toujours.

HECTOR

C'est , monsieur, ce que je m'en vais faire. « Item, doit à Richard cinq cents livres dix sous, a Pour gages de cinq ans, frais, mises , loyaux-coûts. » GÉRONTE.

Quel est ce Richard ?

HECTOR

Moi, fort à votre service.

Ce nom n'étant point fait du tout à la propice a. «3

D'un valet de joueur; mon maître* de nouveati

M'a mis celui d'Hector, du valet de carreau.

GÉRONTE

Le beau nom ! Il devoit appeler Angélique Pallas , du nom connu de la dame de pique.

HECTOR

« Secondement , il doit à Jért'mie Aaron , « Usurier de inétier , juif de religion,.. »

GÉRONTE

Tout beau , n'embrouill ons point , s'il vous plaît , les affaires ; Je ne veux point payer les dettes usuraires.

HECTOR

Eh bien ! soit. « Plus, il doit à maints particuliers,

« Ou quidams , dont les noms , qualités et métiers

« Sont déduits** plus au long avecque les parties ,

« Es assignations dont je tiens les copies,

« Dont tous lesdits quidams , ou du moins peu s'en faut ,

(*) Dans les éditions faites apn';s la mort de l'auteur on a changé ainsi ces mots, Mon maître, de nouveau, etc., jusqu'à dame de pique :

Je me suis de nouveau Donné celui d'Hector du valet de carreau.

GÉRONTE

Le beau nom !

HECTOR

C'est un nom d'une nouvelle espèce. Qui part de mon esprit, fécond en gentillesse.

(*') On trouve «ie'rfiiifs dans l'édition originale, dans celle de 1728, et dans eelie de 1760 ; et c'est probablement ainsi qu'a écrit Regnard Dans les éditions modernes , on lit, de'crits.

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