M. GALON 1ER
Que votre cœur pour moi se laisse un peu toucher ! Notre femme est, monsieur, sur le point d'accoucher. Donnez-moi cent écus sur et tant moins des dettes.
H £ G T O R , à M. Galonier.
Et de quoi diahle aussi, du métier dont vous êtes, Vous avisez- vous là de faire des enfants? Faites-moi des habits.
M. GALONIER.
Seulement deux cents francs.
VALÈRE
Et mais... si j'en avois... Comptez que dans la vie Personne de payer n'eut jamais tant d'envie. Demandez...
HECTOR
S'il avoit quelques deniers comptants, Ne me paieroit-il pas mes gages de cinq ans? Votre dette n'est pas meilleure que la mienne.
M^e ADAM.
Mais quand faudra-t-il donc, monsieur, que je revienne?
(') On lit ainsi dans l'édition originale et dans celles de 1728 et de 1750. Dans la plupart des autres éditions, on lit :
Que je sois un maraud, déshonoré cent fois, etc
2o6 LE JOUEUR.
VA LE RE
Mais... quand il vous plaira... Dès demain; que sait-on?
HECTOR
Je vous avertirai quand il y fera bon.
M. GALONIER.
Pour moi , je ne sors point d'ici qu'on ne m'en chasse.
HECTOR, à part.
Non , je ne vis jamais d'animal si tenace.
VALÈRE
Écoutez , je vous dis un secret qui , je croi , Vous plaira dans la suite autant et plus qu'à moi. Je vais me marier tout-à-fait : et mon père Avec mes créanciers doit me tirer d'affaire.
HECTOR
Pour le coup...