‹ uvres complètes de RegnardChapitre 148 sur 288 · ACTE IV, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XIII

HECTOR

Je vais le mettre en pièces.

VALÈRE

Lis donc.

HECTOR lit.

« Chapitre six. Du mépris des richesses. « La fortune offre aux yeux des brillants mensongers ; " Tous les biens d'ici-bas sont faux et passagers ; « Leur possession trouble , et leur perte est légère : « Le sage gagne assez quand il peut s'en défaire. » Lorsque Sénéque fit ce chapitre éloquent, ïl avoit, comme vous , perdu tout son argent.

VALÈRE, se levant.

Vingt fois le premier pris ! Dans mon cœur il s'élève Des mouvements de rage.

(Il s'assied.)

Allons, poursuis, achève.

HECTOR

« L'or est comme une femme ; on n'y sauroit toucher, « Que le cœur, par amour, ne s'y laisse attacher. « L'un et l'autre en ce temps , sitôt qu'on les manie , « Sont deux grands rémoras pour la philosophie. » N'ayant plus de maîtresse, et n'ayant pas un sou. Nous philosopherons maintenant tout le soûl.

VALÈRE

De mon sort désormais vous serez seule arbitre. Adorable Angélique... Achève ton chapitre.

HE CTO P..

« Que faut-iP... »

a36 LE JOUEUR.

VAL ÈRE

Je bénis le sort et ses revers , Puisqu'un heureux malheur me rengage en vos fers. Finis donc.

HECTOR

« Que faut-il à la nature humaine?

« Moins on a de richesse , et moins on a de peine. « C'est posséder les biens que savoir s en passer. » Que ce mot est bien dit ! et que c'est bien penser î Ce Sénéque, monsieur, est un excellent homme. Êtoit-il de Paris?

VA LÉ RE

Non, il étoit de Rome.

Dix fois à carte triple être pris le premier !

HECTOR

Ah ! monsieur, nous mourrons un jour sur un fumier.

VALÈRE

Il faut que de mes maux enfin je me délivre :

J'ai cent moyens tout prêts pour m'empêcher de vivre ,

La rivière , le feu , le poison , et le fer.

HECTOR

Si vous vouliez, monsieur, chanter un petit air; Votre maître à chanter est ici : la musique Peut-être CîJmeroit cette humeur frénétique.

VALÈRE

Que je chante!

HECTOR

Monsieur...

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