SCÈNE VI
DORANTE, ANGÉLIQUE, NÉRINE, M»>e LA RESSOURCE.
DORAIS TE.
ïls prennent leur parti.
M^e LA RESSOURCE.
La rencontre est plaisante!
Je Tai démarquisé bien loin de son attente : J'en voudrois faire autant à tous les faux marquis.
NÉRINE
Vous auriez , par ma foi , bien à faire à Paris. Il est tant de traitants qu'on voit , depuis la guerre , En modernes seigneurs sortir de dessous terre, Qu'on ne s'étonne plus qu'un laquais, un pied-plat, De sa vieille mandille achète un marquisat.
25o LE JOUEUR.
ANGÉLIQUE, à madame la Ressource.
Vous avez découvert ici bien du mystère.
M°ie L^ RESSOURCE.
De quoi s'avise-t-il de me rompre en visière?
Mais aux grands mouvements qu en ce lieu je puis voir,
Madame se marie.
NÉRINE
Oui , vraiment, dès ce soir.
M"e LA RESSOURCE, fouillant dans sa poche. J'en ai bien de la joie. Il faut que je lui montre Deux pendants de brillants que j ai là de rencontre. J'en ferai bon marcbé. Je crois que les voilà ; Ils sont des plus parfaits. ISon, ce nest pas cela; C'est un portrait de prix, mais il n'est pas à vendre.
NÉRINE
Faites-le voir.
M™e LA RESSOURCE.
Non, non; on doit me le reprendre.
NÉRINE, le lui arrachant.
Oh ! je suis curieuse ; il faut me montrer tout.
Que les brillants sont gros ! Ils sont fort de mon goût.
Mais que vois-je, grands dieux! Quelle surprise extrême!
Aurois-je la berlue? Eh ! ma foi, c'est lui-même.
Ah!...
(Elle fait un grand cri.)
ANGÉLIQUE
Qu'as-tu donc, Nérine? et te trouves-tu mal?
NÉRINE
Votre portrait, madame, en propre original.