SCENE I
VALÈRE, M^e GROGNAC.
VA LE RE. ^
i^uoi ! toujours opposée à toute une famille?
M^^ GROGNAC.
Oui.
VALÈRE
Vous ne voulez point marier votre fille ?
Mme GROGNAC.
Non.
VALÈRE
Quand on vous en parle , on vous met en courroux.
M™« GROGNAC.
Oui.
Vous ne prendrez point des sentiments plus doux ?
M^ie GROGNAC.
Non.
VALÈKE.
Fort bien! Non, oui, non: beau discours! vos répliques Me paroissent , pour moi , tout-à-fait laconiques. Mais, pour mieux raisonner avec vous là-dessus, Et pour rendre un moment le discours plus diffus , Dites-moi, s'il vous plaît, la véritable cause Qui vous fait rejeter les partis qu'on propose. Ce fameux partisan , par exemple, pourquoi...?
M™e GROGNAC.
Hé fi , monsieur ! fi donc ! vous radotez , je croi : Il est trop riche.
VAL ÈRE
Ah! ah ! nouvelle est la maxime.
* M™<- GROGNAC.
Gagne-t-on en cinq ans un million sans crime? Je hais ces fort-vêtus qui , malgré tout leur bien , Sont un jour quelque chose, et le lendemain rien.
VAL ÈRE
Et ce jeune marquis, cet homme d importance? Vous ne lui pouvez pas reprocher sa naissance : Il a les airs de cour, parle haut, chante, rit; Il est bien fait ; il a du cœur et de l'esprit.
M'ne GROGNAC.
ÏI est trop gueux,
VALÈRE
Fort bien ! La réponse est honnête; Et vous avez toujours quelque défaite prête.