SCÈNE m
LÉANDRE, CARLIN
CARLIN
Il réve , il parle seul , et ne m'aperçoit pas.
L É A ND R E , se promenant sur le théâtre en rêvant, un de ses bas
déroulé.
Je ne sais si Fabsence , aux amants peu propice , Ne m'a point effacé de l'esprit de Clarice. On en trouve bien peu de ces cœurs généreux Qui, dans l'éloignement, sacbent garder leurs feux; Un moment les éteint, ainsi qu'il les fit naître.
CARLIN
Me mettant face à face , il me verra peut-être.
LÉANDRE heurte Carlin sans s'en apercevoir. Je serois bien à plaindre , aimant comme je fais , Qu'un autre profitât du fruit de ses attraits. Plus je ressens d'amour, plus j'ai d'inquiétude. Je ne puis demeurer dans cette incertitude ; Je veux entrer cbez elle , et sans perdre de temps. Carlin , va me cbercber mon épée et mes gants.
CARLIN
J'v cours, et je reviens, monsieur, à l'heure même.