ISABELLE, LE CHEVALIER, LISETTE
LE CHEVALIER, dansant et sifQant, à Isabelle.
Je vous trouve à la fin. Ah ! bonjour ma princesse ; Vous avez aujourd'hui tout l'air d'une déesse ; Et la mère d'amour, sortant du sein des mers, Ne parut point si belle aux yeux de l'univers. De votre amour pour moi je veux prendre ce gage.
( Il lui b.iise la main. )
ISABELLE
Monsieur le chevalier....
LISETTE, au chevalier.
Allons donc, soyez sage.
Comme vous débutez !
LE CHEVALIER , à Lisette.
Nous autres gens de cour, Nous savons abréger le chemin de l'amour. Voudrois-tu donc me voir, en amoureux novice, De l'amour à ses pieds apprendre l'exercice, Pousser de gros soupirs, serrer le bout des doigts? Je ne fais point, morbleu, lamour comme un bourgeois ; Je vais tout droit au cœur.
( à Isabelle. ) Le croiriez-vous, la belle ?
Depuis dix ans et plus je cherche une cruelle, Et je n'en trouve point, tant je suis malheureux !
LISETTE
Je le crois bien, monsieur, vous êtes dangereux!
LE CHEVALIER, à Isabelle.
J'ai bien bu cette nuit ; et, sans fanfaronnades,
A votre intention j'ai vidé cent rasades.
Mon feu, qui dans le vin s'éteint le plus souvent *,
(*) Au lieu de ce vers et des suivants, jusqu'à, Voulez-vous vous flîseoir.' qui sont conformes à l'édition originale et à celle de 1728, oa lit dans les éditions modernes :
Ah! le verre à la main , qu'il faisoit beau nous voir!
U fait, parbleu, grand chaud.
ISABELLE
Voulez-vous vous asseoir î