‹ uvres complètes de RegnardChapitre 228 sur 288 · ACTE IV, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II

Si j'en faisois autant, je passerois chez vous Pour un franc étourdi. Là, là, répondez-nous.

VALÈRE

J'ai tort; mais...

LE CHEVALIER

Mais, mais, mais!

CLARICE

Quelle est vôtre querelle î

LE CHEVALIER

Je m'étois introduit tantôt chez Isabelle, Que j'aime à la fureur, et qui m'ainie encor plus; J'y passois pour un autre; et monsieur, là- dessus, Est venu brusquement gâter tout le mystère, Et m'a mal à propos fait connoître à la mère. Parlez ; n'est-il pas vrai ?

VALÈRE

D'accord , mon cher neveu ; Mais je réparerai ma faute.

Eh ! ventrebleu , C'est un étrange cas. Faut-il que la jeunesse Apprenne maintenant à vivre à la vieillesse, Et qu'on trouve des gens, avec des cheveux gris, Plus étourdis cent fois que nos jeunes marquis? Je n'y connois plus rien. Dans le siècle où nous sommes, Il faut fuir dans les bois , et renoncer aux hommes.

VALÈRE

Je veux vous marier, et votre sœur aussi.

LE CHEVALIER

Ma sœur? Vous vous moquez.

VALÈRE

Pourquoi donc ce souci?

LE CHEVALIER, à Valère.

Quelle injustice, ô ciel ! On me vole, on me pille. Cela n'est point dans l'ordre ; et l'on sait qu'une fille , Pour enrichir un frère , en faire un gros seigneur , Doit renoncer au monde.

CLARICE

On connoît ton bon cœur, Et je sais qui t'oblige à parler de la sorte ; C'est l'amour de mon bien.

LE CHEVALIER

Oui, le diable m'emporte.

VALÈRE

Je prétends lui donner cinquante mille écus , Vous réservant, à vous, de mon bien le surplus; Et je veux aujourd'hui terminer cette affaire.

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