AGATHE, LISETTE, PASQUIN
AGATHE
Ouest donc ton maître, PasquinPIl y a deux heures que je l'attends chez moi.
PASQUIN
Vous vous trompez, madame; mon maître est trop amoureux pour vous faire attendre. LISETTE, àAgathe.
Je vous avois bien dit que ses empresseynent3 i;i^ dureroient pas.
AGATHE
Oh! c'est tout le contraire, Lisette. Porante doit être aujourd'hui amoureux de moi à la folie ; car il m'a promis que son amour augmenteroit tous les jours, et il m'aimoit déjà bien hier.
LISETTE
En une nuit, il arrive de grandes révolutions dans le cœur d'un François.
PASyUIN.
Oui, sur la fin de ce siécle-ci, les amants et les saisons se sont bien déréglés ; le c|iaud et le froid n y dominent plus que par caprice.
LispTT^.
Oh ! en Poitou nous avons une règle certaine', c'est que le jour des noces , le thermomètre do la ton-
dresse est à son plus haut degré ; mais le lendemaiq il descend bien bas.
AGATHE
Vous voulez me persuader tous deux que Dorante sera inconstant ; mais il faudroit que je fusse folle pour craindre qu'il change. Quoi ! quand Colin me disoit tout simplement qu'il me seroit fidèle , je le croyois ; et je ne croirois pas Dorante , qui est gentilhomme, et qui fait des serments horribles qu'il m'aimera toujours.
PASQUIN
En amour, les serments d'un courtisan ne prouvent rien ; c'est le langage du pays.
LISETTE, à Agathe.
Si vous vouliez m'écouter une fois en votre vie, je vous ferois voir que Dorante....
AGATHE
Parlons d'autre chose, Tàsette.
PASQUIN, à Lisette.
Elle a raison, (à Agathe.) Parlons des beaux habits que mon maître vous a fait venir.
AGATHE
Ah ! Pasquin , j'en suis charmée.
PASQUIN
A propos, mon maître vouloit vous voir aujourd'hui parée.
AGATHE
Je voudrois bien l'être aussi; mais je ne sais pas lequel je dois mettre des deux habits. Dis-moi, Pas-