SCÈNE VI. 4'2S
quin, lequel aimera-t-il mieux de linnocente ou de de la gourgandine*?
PASQL'IN.
La gourgandine a toujours été du goût de mon maître.
AGATHE
Il faut que les femmes de Paris aient bien de l'esprit pour inventer de si jolis noms.
PAS QUIN
Malepeste ! leur imagination travaille beaucoup. Elles n inventent point de modes qui ne servent à cacher quelque défaut. Falbala par haut pour celles qui n'ont point de hanches ; celles qui en ont trop le portent plus bas. Le col long et les gorges creuses ont donné lieu à la steinkerque ; et ainsi du reste.
AGATHE
Ce qui membarrasse le plus, c est la coiffure. Je ne pourrai jamais venir à bout d'arranger tant de machines sur ma tète ; il n y a pas de place poiu- en mettre seulement la moitié.
PASQUIN
Oh! quand il s agit de placer des fadaises, la tète d'une femme a plus d'étendue qu'on ne pense. Mais vous me faites souvenir que j'ai ici le livre instructif que la coiffeuse a euv<ivé de Paris. Il s'intitule :
<i Les Flléments de la Toilette, ou le Système har- « mlanique de la Coiffure d'une Femme. »
(') Deux iionis ilhubiu à la mode en 169^
AGATHE
Ah! que ce livre doit être joli!
LISETT E.
Et savant* !
P A s O TJ I N , tirant un livre de sa poche.
Voici le second tome. Pour le premier , il ne contient qu'une taLle alphabétique des principales pièces qui entrent dans la composition d'une commode , comme :
« La duchesse , le solitaire ,
« La fontange , le chou ,
« Le tête-à-tête , la culbute ,
« Le mousquetaire, le croissant,
« Le firmament, le dixième ciel,
A La pcJissade et la souris. »
AGATHE
Ah! Pasquin, cherche-moi l'endroit où le livre dit que se met la souris. J ai un nœud de ruban qui s'appelle comme cela.
PASQUIN
C'est ici quelque part; attendez...
« Coiffure pour i^accourcir le visage. » Ce n'est pas cela.
« Petits tours blonds à boucles fringantes pour « les fronts étroits et les nez longs. » Je n'y suis pas.
(•) Je n'ai trouvé ces deu\ mots, Et savant ! dit» par Lisette ; que Aam 1 édition origiuale et dan» celle de 1 7 28.