‹ uvres complètes de RegnardChapitre 269 sur 288 · LISETTE, PASQUIN · texte numérisé non relu

LISETTE, PASQUIN

LISETTE

On vient à bout de tout en ce monde, quand on sait prendre chacun par son foible ; les hommes par les femmes, les fenunes par les habits. Çà, il faut à présent nous assurer de ton maître.

PASQUIN

Il est chez le notaire ; il faut qu'il repasse par ici

4^8 ATTENDEZ-MOI SOUS L'ORxME.

pour aller chez Agathe, et je l'arrêterai pendant que

tu iras te déguiser en veuve.

Récapitulons un peu ce déguisement. Tu es bien sûr que ton maître n'a jamais vu la veuve.

^PASQUIN

Assurément. Sur la réputation qu'elle a dans Poitiers d'être fort riche , mon fanfaron s'est vanté qu'elle étoit amoureuse de lui. Pour se venger, elle a pris plaisir à se trouver masquée à deux ou trois assemblées où il étoit, de faire la passionnée ; en un mot, de se moquer dé lui, trouvant toujours des excuses pour ne se point démasquer. C'est une gaillarde qui fait mille plaisanteries de cette nature pour égayer son veuvage.

LISETTE

Puisque cela est ainsi, je contreferai la veuve comme si je l'étois.

PASQUIN

Tant pis. Car on ne sauroit bien contrefaire la veuve , qu'on n'ait contrefait la femme mariée- L'ha-? bit est-il prêt?

LISETTE

Oui.

PASQUIN

Voilà mon maître qui vient-

LISETTE

Amuse-le pendant que je me déguiserai ; et après x tu iras avertir Agathe qu'elle v ienne nous surprendre

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