LISETTE, PASQUIN
LISETTE
On vient à bout de tout en ce monde, quand on sait prendre chacun par son foible ; les hommes par les femmes, les fenunes par les habits. Çà, il faut à présent nous assurer de ton maître.
PASQUIN
Il est chez le notaire ; il faut qu'il repasse par ici
4^8 ATTENDEZ-MOI SOUS L'ORxME.
pour aller chez Agathe, et je l'arrêterai pendant que
tu iras te déguiser en veuve.
Récapitulons un peu ce déguisement. Tu es bien sûr que ton maître n'a jamais vu la veuve.
^PASQUIN
Assurément. Sur la réputation qu'elle a dans Poitiers d'être fort riche , mon fanfaron s'est vanté qu'elle étoit amoureuse de lui. Pour se venger, elle a pris plaisir à se trouver masquée à deux ou trois assemblées où il étoit, de faire la passionnée ; en un mot, de se moquer dé lui, trouvant toujours des excuses pour ne se point démasquer. C'est une gaillarde qui fait mille plaisanteries de cette nature pour égayer son veuvage.
LISETTE
Puisque cela est ainsi, je contreferai la veuve comme si je l'étois.
PASQUIN
Tant pis. Car on ne sauroit bien contrefaire la veuve , qu'on n'ait contrefait la femme mariée- L'ha-? bit est-il prêt?
LISETTE
Oui.
PASQUIN
Voilà mon maître qui vient-
LISETTE
Amuse-le pendant que je me déguiserai ; et après x tu iras avertir Agathe qu'elle v ienne nous surprendre