SCENE IX. 43r
PASQUIX.
Entre nous, l'état n'a pas grand besoin de vous, puisqu'il vous a remercié de vos services à la tête de YOtre compagnie.
DORANTE
Parlons de la veuve, Pasquin.
PASQUIN
La veuve est venue ce matin de Poitiers pour vos beaux yeux- et depuis que vous m'avez quitté, on vient de m'offrir de sa part cent pistoles , si je puis livrer * votre cœur.
DORANTE
Je serai ravi de te faire gagner cent pistoles. J'aime à rn acquitter, Pasquin.
PASQUIN
En rabattant sur les " gages.
DORANTE
Çà , que faut-il faire , mon cœur?
PASQUIN
On est convenu avec moi que le hasard améneroit la veuve sous cet orme dans un quart d'heure.
DORANTE
Bon!
(') Cette leçOD est conforme à l'édition originale et à celle de 1728. Les autres éditions portent : Si je puis n;i livrer votre cœur.
('*) C'est aiosi qu'on lit dans l'édition originale et dans celle de 1728. Dans les éditions modernes, on lit : En rabattant sur mes ^ages
PASQUIN
J'ai promis que le même * hasard vous v conduiroit aussi.
DORANTE
Fort Lieh !
PASQUIN
Il faut que vous vous promeniez, sans faire semblant de rien. Elle va venir, sans faire semblant de rien. Pour lors vous 1 aborderez , vous , en faisant semblant de rien ; elle vous écoutera en faisant semblant de rien. Voilà comment se font les mariages des Tuileries.
DORANTE
Parbleu , tu es un homme adorable !
PASQUIN
Çà, préparez-vous à aborder la veuve en petit maître. Cachez-vous un œil avec votre chapeau , la main dans la ceinture, le coude en avant, le corps d'un côté , et la tête de l'autre ; surtout gardez-vous bien de vous promener sur une ligne dioite, cela est trop bourgeois.
DORANTE
Ce, maraud-là en sait presque autant que moi.
PASQUIN
Voici l'occasion, monsieur, de faire profiter les talents que vous avez pour le grand art de la minauderie. Ah! si vous pouviez vous souvenir de cette
(*) Je n'ai troavé ce mot même qne dans l'édition oriyin.ile.