‹ uvres complètes de RegnardChapitre 8 sur 288 · SCENE III. II · texte numérisé non relu

SCENE III. II

MARINE

Mal.

.se AFIN.

Il y a toujours quelque chose à refaire aux filles.

MARINE

Et ton maître ?

se AFIN.

Il se porteroit assez bien , s'il avoit un peu plus d'argent.

MARINE

Je n'ai jamais connu un gentilhomme plus gueux que celui-là.

SeAPIN.

Monsieur Grifon. son père est bien riche , mais il est bien ladre.

Nous nous en apercevons.

se AFIN.

Tel que tu me vois, je sers mon maître sans gages, et incognito.

Comment , incognito ?

SeAPIN.

Oui : monsieur Grifon ne sait pas que son fils a l'honneur d être à moi ; il ne me connoît pas même. Je loge en ville, et je vis d emprunt.

MARINE

Tu fais souvent mauvaise chère.

vx LA SÉRÉNADE.

SGAPIN.

Assez. Cela n'empêche pas que je ne nourrisse quelquefois mon maître quand il est mal avec son père.

MARINE

Voilà un beau ménage !

SGAPIN.

Hé ! dis-moi un peu

MARINE

Je n'ai rien à te dire. Tiens , rends cette lettre-là à ton maître.

SCA PIN.

Comme tu fais, Marine ! Regarde-moi im peu.

MARINE

Eh bien! que me veux-tu?

SGAPIN,

Vous plairoit-il seulement, ô beauté léoparde ! me dire le contenu de cette lettre?

MARINE

Je n'ai pas le temps.

SGAPIN.

Tu me romps si souvent la tcte de ton babil , quand je te prie de ne dire mot.

MARINE

J'aime à faire le contraire de ce qu'on souhaite.

SGAPIN.

Le beau naturel! Je te prie donc de te taire, Ma rine : c'est le moyen de te faire parler.

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