ACTE I, SCÈNE IL iSg
HECTOR
Elle est, après le jeu, ce qu'il aime le plus.
NÉRINE
Oui , c'est la passion qui seule le dévore : Dès qu'il a de largent, son anaour s'évapore.
HECTOR
Mais en revanche aussi , quand il n'a pas un sou , Tu m'avoueras qu'il est amoureux comme un fou.
NÉRINE
Oh! j'empêcherai bien...
HECTOR
Nous ne te craignons guère; Et ta maîtresse, encor hier, promit à Valère, De lui donner dans peu, pour prix de son amour, Son portrait enrichi de brillants tout autour. Nous l'attendons , ma chère , avec impatience : Nqus aimons les bijoux avec concupiscence.
NÉRINE
Ce * portrait est tout prêt, mais ce n'est pas pour lui , Et Dorante en sera possesseur aujourd'hui.
HECTOR. f
A d'autres.
NÉRINE
N'est-ce pas une honte à Valère , Etant fds de famille , ayant encor son père , Qu il vive comme il fait, et que , connne un banni , Depuis un an il loge en un hôtel garni ?
(*) Le dans 1 édition originale, ce dans les éditions modernes.
»4q le joueur.
HECTOR
Et vous y logez bien , et vous et votre clique.
NÉ RI NE
Est-ce de même, dis? Ma maîtresse Angélique,
Et la veuve sa sœur, ne sont dans ce pays
Que pour un temps , et n'ont point de père à Paris,
HECTOR
Valère a déserté la maison paternelle, Mais ce n'est point à lui qu'il faut faire querelle ; Et si monsieur son père avoit voulu sortir, ) Nous y serions encore, à ne t'en point mentir. Ces pères, bien souvent, sont obstinés en diable.
NÉRINE
Il a tort , en effet , d'être si peu traitable ! Quoi qu'il en soit , enfin , je ne t'abuse pas , Je fais la guerre ouverte ; et je vais de ce pas , Dire ce que je vois , avertir ma maîtresse Que Valère toujours est faux dans sa promesse; Qu'il ne sera jamais digne de ses amours ; Qu'il a joué, qu il joue, et qu'il jouera toujours. Adieu.
HECTOR
Bonjour.