‹ uvres complètes de RegnardChapitre 91 sur 288 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

VÀLÈRE, HECTOR.

( Valère paraît en désordre , comme un homme qui a joué toute la nuit. )

HECTOR

Mais je l'aperçois. Qu'il a l'air harassé ! On soupçonne aisément, à sa triste figure, Qu'il cherche en vain quelqu'un qui prête à triple usure.

VALÈRE

Quelle heure est-il ?

HECTOR

Il est... Je ne m'en souviens pas.

VALÈRE

Tu ne t'en souviens pas?

HECTOR

Non, monsieur.

i42 LE JOUEUR.

VA LE RE

Je suis las De tes mauvais discours ; et tes impertinences...

HECTOR , à part.

Ma foi , la vérité répond aux apparences.

VAL ÈRE

Ma robe de chambre.

( à part. )

Euh!

HECTOR, à part.

Il jure entre ses dents.

VA LE RE

Eh bien! me fandra-t-il attendre encor long-temps?

( Il se promène. )

HECTOR

Eh ! la voilà , monsieur.

( Il suit son maître , tenant sa robe de chambre toute de'ployée. )

VAX ÈRE, se promenant.

Une école maudite Me coûte , en un moment, douze trous tout de suite. Que je suis un grand chien ! Parbleu , je te saurai , Maudit jeu de trictrac, ou bien je ne pourrai. Tu peux me faire perdre , ô fortune ennemie ! Mais me faire payer , parbleu , je t'en défie : Car je nai pas un sou.

HECTOR, tenant toujours la robe.

Vous plairoit-il, monsieur...?

VALÈRE, se promenant.

Je me ris de tes coups , j'incague ta fureur.

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