SUR MATHURIN REGNIER. XXXIII
Selon le vent qu'il fait l'homme doit naviger.
(Satire vu.) Qui gai tait une erreur la boit à repentance.
(Satire xii.) Nos biens comme nos maux sont en nostre pouvoir. (Satire xiii.)
Selon son rolle on doit jouer son personnage. (Satire xvi.)
Voici d'autres pensées, qui, pour être moins concises, ne sont ni moins nettement ni moins heureusement exprimées:
L'honneur estropié, languissant et perclus, JN'est plus rien qu'une idole en qui l'on ne croit plus. (Satire nu)
... Fust-il plus parfait que la perfection, L'homme voit par les yeux de son affection. (Satire v.)
Tout, suivant l'intellect, change d'ordre et de rang ; Les Mores aujourd'huy peignent le diable blanc. (Même satire.)
Chacun se doit cognoistre, et, par Un exercice, Cultivant sa vertu, déraciner son vice.
(Satire xv.)
Quand on se brusle au feu que soy-mesme on attise* Ce n'est point accidentj mais c'est une sottise. (Satire xiv.)
... Quand la servitude a pris l'homme au collet, J'estime que le prince est moins que sbn valet. (Satire m.)
Notre tâche est terminée. Nous avons tout exposé, tout dit, tout expliqué; nous laissons maintenant à notre poëte le soin de prouver et de convaincre.
PROsrER POITEVIN.