‹ uvres complètes de RégnierChapitre 68 sur 89 · SONNET SUR LA MORT DE M. RAPIN · texte numérisé non relu

SONNET SUR LA MORT DE M. RAPIN

Passant, cy-gist Rapin, la gloire de son âge, Superbe honneur de Pinde et de ses beaux secrets, Qui, vivant, surpassa les Latins et les Grecs, Soit en profond sçavoir, ou douceur de langage.

Eternisant son nom avecq' maint haut ouvrage, Au futur il laissa mille poignants regrets De ne pouvoir atteindre, ou de loin, ou de près, Au but où le porta l'étude et le courage.

On dit, et je le crois, qu'Apollon fut jaloux, Le voyant, comme un dieu, révéré panny nous, Et qu'il mist de rancœur si tost fin à sa vie.

Considère, passant, quel il fust icy-bas, Puisque sur sa vertu les dieux eurent envie, Et que tous les humains y pleurent son trespas.

1 Ce sonnet n'avoit encore paru parmi les œuvres de Régnier que dans une des dernières éditions de Hollande : il est inséré à la fin des œuvres de Rapin, imprimées à Taris, en 1610, in-4. Kieolas Rapin, poëte françois, mourut le 15 de février 1603, âgé de soixante-huit ans. Voyez la première note de la satire IX.

EPIGRAMMES

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