SUR LA MORT DE M. PASSERAI
t Les délices du Pinde, et son cher ornement,
Qui, loingdu monde ingrat que, bienheureux, tu quittes, Comme un autre Apollon reluis au firmament !
Afin que mon devoir s'honore en tes mérites, Et mon nom par le tien vive éternellement, Que dans l'éternité ces paroles écrites Servent à nos neveux comme d'un testament :
Passerat fut un dieu souz humaine semblance, Qui vit naistre et mourir les Muses en la France, Qui de ses doux accords leurs chansons anima.
Dans le champ de ses vers fut leur gloire semée : Et, comme un mesme sort leur fortune enferma, Ils ont, à vie éirale, égale renommée.
1 Jean Passerat de Troyes, professeur royal en éloquence à Paris, excellent orateur, et poëtefrançois et latin, mourut en 160*2, âgé de soixante-treize ans. 11 a toujours conservé un grand crédit et beaucoup de réputation, quoiqu'on ne lise guère ses ouvrages.