SONNETS
Diku! si mespéchez irritent ta fureur, Contrit, morne, et dolent j'espère en ta clémence. Si mon deuil ne suffit à purger mon offense, Que ta grâce y supplée, et serve à mon erreur.
Mes esprits éperdus frissonnent de terreur;
Et, ne voyant salut que par la pénitence.
Mon cœur, comme mes yeux, s'ouvre à la repenlance ;
Et me hay tellement, que je m'en fais horreur.
Je pleure le présent, le passé je regrette ; Je crains à l'advenir la faute que j'ay faite: Dans mes rebellions je liston jugement.
Seigneur, dont la honte nos injures surpasse, Comme de père à fils uses-en doucement. Si j'avois moins failly> moindre seroit ta grâce.
Quand dévot vers le ciel j'ose lever les yeux, Mon cœur ravy s'émeut, et confus s'émerveille. Comment, dis-je à part moy, ceste œuvre nompareiile E^t-elle perceptible à l'esprit curieux?
Cet astre, ame du monde, œil unique des cieux, Qui travaille en repos, et jamais ne sommeille,