Tome F. H'ut. anc
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des paroles qu'il était bien résolu de ne point garder. XI faisait des promesses qu'il aurait été bien fâché de tenir. Il se croyait habile à proportion de ce qu'il était perfide , et mettait sa gloire à tromper tous ceux avec qui il traitait. En un mot, il ne rougissait pas de dire ABiUn. 1. 7, qit^on amuse les enfants avec des jouets ^ et les hommes cap.ia. ^^^ ^ serments. Quelle honteuse distinction pour un prince, que celle d'être plus artificieux, plus dissimulé^ plus profond en malice, plus fourbe qu'aucun autre de son siècle, et de laisser de lui cette idée infamante à toute la postérité]
Que penserait-on, dans le commerce de la vie, d'un homme qui se ferait un mérite de jouer tous les autres, et qui mettrait au rang des vertus la mauvaise foi et la fourberie? On déteste un tel caractère dans les particuliers, comme la peste et' la ruine de la société. Comment peut -il devenir digne d'estime et d'admiration dans des princes et des ministres, plus obligés encore que le reste des hommes, par l'éminence de leurs places et par l'importance de leurs emplois , â respecter la bonne foi, la sincérité, la justice, et surtout la sainteté des traités et des serments, où l'on fait intervenir le nom et la majesté d'un Dieu vengeur inexorable de la perfidie et de l'impiété! La simple parole, parmi de simples particuliers, doit être sacrée et inviolable , s'ils ont quelque sentiment d'honneur : M. Nicole, combien plus parmi des pûnces! « On doit la vérité "ig-duiûn" « au prochain dès-lors qu'on lui parle, dit un célèbre %eiitecôîe. ^ écrivain ; car le commerce de la parole enferme une « promesse tacite de la vérité, la parole ne nous étant « donnée que pour cela. Ce n'est pas une convention ce d'un particulier avec un autre particulier; c'est une
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« convention commune de tous les hommes entre eux, a et une espèce de droit des gens, ou plutôt un droit^ « et une loi de la nature. Cette loi et cette convention « commune sont violées par celui qui ment. » Quelle énormité n'ajoute point à ce violement de la parole la sainteté du serment et le nom de Dieu , pris à témoin comme on le prend toujours dans les traités ? Si la Mexerai. bonne foi et la vérité étaient bannies de toiU le reste de la terre y disait Jean , roi de France, sollicité de violer un traité , elles dei^rcueni se retrouver dans le cœur et dans la bouche des rois.
Ce qui porte les politiques à en user de la sorte, c'est qu ils sont persuadés que c'est là le seul moyen de faire réussir une négociation. Quand cela serait, peut- il être jamais permis d'en acheter le succès au prix de la probité , de l'honneur et de la religiwi ? Si idem. votre beau -père ( Ferdinand - le -CathoUque), disait Louis Xn à Philippe archiduc d'Autriche, a fait une perfidie y je ne veux pas lui ressembler; et f aime beaucoup mieux avoir perdu un royaume (le royautne de Naples), que je saurai bien reconquérir y que non pas r honneur^ qui ne se peut jamais recouvrer.
Mais, en cela même, ces politiques sans honneilr et sans religion se trompent. Je n'ai point recours au christianisme, qui nous fournit des princes et des ministres bien éloignés d'une teUe politique. Sans sortir de notre histoire grecque , combien avons-nous vu de grands hommes réussir parfaitement dans le maniement des affaires publiques, dans les traités de paix et de guerre, en un mot dans les négociations les plus importantes, sans jamais employer le secours de l'artifice et de la tromperie ! un Aristide, un Cîmon, un
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Phocion, et tant d'autres, dont quelques-uns poussaient la délicatesse, sur ce qui regarde la vérité, jusqu'à croire qu'il n'était pas permis d'user de mensonge même en riant, et par manière de jeu! Cyrus, le plus fameux des conquérants, ne trouvait rien de plus indigne d'un prince, ni de plus capable de lui attirer le mépris et la haine, que de mentir et de tromper. Il doit donc demeurer pour constant que nul succès* quelque brillant qu'il soit, ne peut et ne doit couvrir la honte et l'infamie de la mauvaise foi et du parjure.