LE SALUT EST NOTRE UNIQUE AFFAIRE EN CE MONDE
I. Entre toutes les affaires, il n’en est point de plus importante que celle de notre salut: de cette affaire dépend notre fortune ou notre ruine éternelle.
Porro unum est necessarium : ^ Il n’y a qu’une seule chose nécessaire. — Il n’est point nécessaire que nous soyons riches, que nous soyons honorés, que nous jouissions d’une bonne santé ; mais il est nécessaire que nous sauvions notre âme. C’est uniquement pour cette fin que Dieu nous a mis au monde; malheur â nous, si nous ne l’obtenons point.
Saint François Xavier disait qu’il n’y a qu’un seul bien dans le monde, c’est de se sauver ; et qu’il n’y a qu’un seul mal, c’est de se damner. Qu’importe que nous soyons pauvres, méprisés, infirmes? si nous nous sauvons, nous serons heureux a jamais. Au contraire, que nous servirait
{]) Luc. iO. 42.
(*) Nous avons distingué, dans la matière à méditer chaque jour, plusieurs Méditations, et dans chaque méditation trois Points, selon la méthode ordinaire de l’Auteur; nous n’avons fait en cela que réparer une faute des éditeurs italiens; on s’en convaincra dès la première vue. Quoique ces méditations aient été composées pour la retraite, on peut fort bien s’en servir en tout temps.
Le Traducteur.
DE LA RETRAITE
d’avoir été sur la terre de grands seigneurs ou de grands monarques, si nous étions ensuite éternellement malheureux ?
Ah ! qu’en sera-t-il de moi? il peut se faire que je me sauve ; il peut se faire aussi que je me perde. Et s’il peut se faire que je me perde, pourquoi ne prendrais-je pas la résolution de m’attacher plus étroitement à Dieu?
Mon Jésus! ayez pitié de moi. Je veux changer de vie : accordez-moi votre secours. Quoi ! vous êtes mort pour me sauver, et je voudrais me damner ?
II. Avons-nous fait ce qu’il faut pour nous sauver? sommes-nous bien sûrs de ne pas aller en enfer?
Quam dabit homo commutai ionem pro anima sua ? * Si l’on perd son âme, quel autre bien pourra jamais compenser une telle perte?
Que n’ont pas fait les Saints pour assurer leur salut éternel? Que de rois et de reines ont laissé la leur trône pour aller s’enfermer dans un cloître ! que de jeunes gens ont quitté leur patrie pour se retirer dans les déserts ! que de jeunes vierges ont renoncé à d’illustres alliances pour consacrer leur vie à Jésus-Christ ! — Et nous, que faisons-nous ?
Eh quoi ! que n’a pas fait Jésus-Christ pour nous sauver ? Il a passé trente-trois années dans les sueurs et les souffrances ; il a donné son sang et sa vie ! — Et après cela, nous nous perdrons?
Seigneur ! je vous remercie de ne m’avoir pas fait mourir quand j’étais dans votre disgrâce. Si j’étais mort alors, qu’en serait-il de moi pour toute l’éternité ?