‹ Œuvres completes de S. Alphonse de LiguoriChapitre 55 sur 132 · II. Qui sait si nous ne devons pas mourir d’une mort · texte numérisé non relu

II. Qui sait si nous ne devons pas mourir d’une mort

(1) Apoc. '10. 6.

(^) Dial. l. 4. c. 38.

DE LA RETRALTE.

imprévue, sans avoir le temps de régler nos comptes? Tant de personnes qui sont mortes subitement, nes’attendaient pas à mourir ainsi ; et si malheureusement elles se trouvaient en état de péché , que deviendront-elles durant toute Téternité?

Les plus saints personnages ont cru faire peu de chose en travaillant toute leur vie pour s’assurer une bonne fin. Quand on apporta au père Jean d’Avila la nouvelle qu’il allait mourir, il s’écria : a Ah ! si j’avais encore un peu de temps pour m’y préparer! »

Et nous, qu’attendons-nous? voulons-nous faire une mort inquiète et malheureuse, pour servir d’exemple d^ la Justice divine ?

Oh 1 non, mon Jésus ! je ne veux point vous forcer à m’abandonner. Dites ce que vous demandez de moi; je suis résolu de ne rien négliger pour vous plaire. Faites que je vous aime ; c’est tout ce que je vous demande.

III. Vocavit adversum me tempusA Tremblons, et prenons garde qu’un jour ce temps, que nous devons à la divine miséricorde, ne soit appelé en témoignage contre nous, pour condamner notre ingratitude. — Marchez, nous dit le Seigneur, pendant que vous jouissez de la lumière du jour : Amhulate diiin lucem habetis;^'^ car, le temps de la mort, c’est la nuit: Venit nox ; on n’y voit plus, il n’est plus temps de rien faire : Quando nemo potest operari.'^

(( Qui sait si je me sauverai, ou si je ne me damnerai pas?» s’écriait en tremblant Saint André d’Avellin ; et cette crainte le portait k s’attacher de plus en plus, étroitement kiDieu. Mais nous, que faisons-nous? Comment est-il possible que celui qui croit k la mort, k l’éternité qui l’attend, ne se donne pas entièrement k Dieu?

(1) Thren. i. i5.

(-2) Jo. 35,

(3) Jo, 9, 4,

DE LÀ RETRàITE.

Mon divin Sauveur, ô mon Amour crucifié! je ne veux pas attendre, pour vous embrasser, que vous me soyez présenté à l'article de la mort; dès ce moment je vous embrasse, je vous presse sur mon cœur, et je renonce a tout pour n’aimer plus que vous, mon unique bien. — O Marie, ma tendre Mère ! attachez-moi a Jésus, et faites que je ne me sépare plus de son amour.

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