A. DIEU
De toute éternité que n’ai-je reçu l’être Dès que je fus aimé de ton cœur paternel.
De toute éternité j’aurais pu te connaître Et rendre à ton amour un amour éternel.
Ce n’est point pour la jouissance,
Mais j’aurais pu toujours contempler ta splendeur.
Et j’aurais eu plus d’assurance De t’aimer sans mesure, ô le Dieu de mon cœur.
Quand j’abaisse les yeux Sur ce monde odieux,
Je m’uni étonné. Folie inconcevable.
Quoi ! pour ce vil grain de sable Demeure de fourmis tu perds, ô misérable. L’éternel bonheur des cieux.
Souffrir, mourir, mon âme, est un sort précieux. Sans combats en ce monde il n’est point de victoire. Qui ne vainc sur la terre, ô ciel n’a point la gloire.
Dieu me voit, Dieu doit méjuger.
Ou le ciel ou l’enfer échoit par sa sentence.
Heureux ou malheureux , je ne dois plus changer Dans une éternelle existence.