‹ Œuvres completes de S. Alphonse de LiguoriChapitre 68 sur 132 · A. DIEU · texte numérisé non relu

A. DIEU

De toute éternité que n’ai-je reçu l’être Dès que je fus aimé de ton cœur paternel.

De toute éternité j’aurais pu te connaître Et rendre à ton amour un amour éternel.

Ce n’est point pour la jouissance,

Mais j’aurais pu toujours contempler ta splendeur.

Et j’aurais eu plus d’assurance De t’aimer sans mesure, ô le Dieu de mon cœur.

Quand j’abaisse les yeux Sur ce monde odieux,

Je m’uni étonné. Folie inconcevable.

Quoi ! pour ce vil grain de sable Demeure de fourmis tu perds, ô misérable. L’éternel bonheur des cieux.

Souffrir, mourir, mon âme, est un sort précieux. Sans combats en ce monde il n’est point de victoire. Qui ne vainc sur la terre, ô ciel n’a point la gloire.

Dieu me voit, Dieu doit méjuger.

Ou le ciel ou l’enfer échoit par sa sentence.

Heureux ou malheureux , je ne dois plus changer Dans une éternelle existence.

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