‹ Œuvres completes de S. Alphonse de LiguoriChapitre 94 sur 132 · L’Oraison · texte numérisé non relu

L’Oraison

Qu’on soit bien persuadé qu’on ne peut conserver la vocation religieuse sans pratiquer l’oraison ; celui qui abandonne l’oraison, perdra certainement sa vocation. Il faut être adonné a l’oraison, et beaucoup. Qu’on ne manque donc pas de faire, le matin a son lever, une heure, ou au moins, une demi-heure d’oraison, chez soi si on le*peut librement, ou sinon à l’église, et une demi-heure le soir.

Qu’on fasse aussi chaque jour, sans y manquer, une visite au Saint-Sacrement et à la Sainte Vierge pour obtenir la grâce de persévérer dans sa vocation ; et que l’on communie trois fois, ou au moins, deux fois la semaine.

Le sujet des méditations doit être presque toujours la vocation même : on considère combien est grande cette faveur divine, combien on assure son salut lorsqu’on y correspond fidèlement, et combien, au contraire, on le met en danger lorsqu’on la néglige. Il est surtout utile de se représenter au moment de la mort, et de considérer quel contentement on éprouvera alors, si l’on obéit à

pour son amour ! — D’un autre côté, contrarier une vocation, c’est s’opposer à Dieu : quelles peuvent être les suites d’une semblable entreprise ?

On voit heureusement des parents qui, donnant l’exemple d’une entière soumission aux volontés de Dieu, ont la sagesse de prévenir leurs enfants de l’intention qu’ils ont de ne pas s'opposer à leur bonheur, et de leur laisser toute liberté relativement à leur vocation. Ceux-là ne risquent pas d’être trompés, et ils acquièrent en outre un grand mérite auprès du Seigneur.

Du reste, Saint Alphonse ne veut pas que les jeunes gens se conduisent avec légèreté dans une affaire aussi importante et aussi délicate ; il exige qu’ils consultent au moins un Directeur prudent qui aura soin de peser mûrement devant Dieu toutes les circonstances, et d’examiner entre autres si les parents n’auraient pas quelque motif sérieux à faire valoir, par exemple, la nécessité grave dans laquelle ils se trouveraient, 'etc. On écarte ainsi tout danger de faire une démarche inconsidérée. (Voyez la Note à la page 41 2.)

Le Traducteur.

G. MOYEN

DU CHOIX D UN ÉTAT

Dieu ; quelle peine, quels remords, au contraire, si l’on meurt dans le siècle. A cette fin, nous avons joint à cet opuscule quelques Considérations dont on pourra se servir pour faire l’oraison mentale.

Il faut encore que toutes les prières à Jésus et à Marie, particulièrement après la sainte communion et dans les visites, aient pour objet d’obtenir la persévérance.

Dans toutes les oraisons et toutes les communions, on doit avoir soin de renouveler à Dieu l’offrande de soimême, en lui disant :

Me voici, Seigneur! je ne suis plus à moi, je suis a vous : je me suis déjà donné et je me donne de nouveau tout a vous. Daignez agréer mon offrande, en m’accordant la force de vous être fidèle et de me retirer le plus tôt qu’il me sera possible dans votre sainte maison.

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