‹ Œuvres complètes de Saint-AmantChapitre 24 sur 86 · LA NAISSANCE DE PANTAGRUEL · texte numérisé non relu

LA NAISSANCE DE PANTAGRUEL

Pour une mascarade*.

ntVIgSe jour que je nasquie on vit pleuvoir du sel: BjHs Le soleil, en faisant son tour universel , S» IjHjÉfij Delà soif qu'il souffrit beut quasi toute l'onde, VSvKJSEt pensa d'un seul trait avaller tout le monde. De là sont prévenus tant oTabismes sans eaux ,

i. On donnait le nom de mascarades h dm troupes de masques qui, surtout au temps de carnaval, couraient la ville, et souvent, sons ce déguisement, entraient dans des maisons où il j a»oit bal, sans même être invites. Y. M"' de Mootpensier, Mémoires.

C.OO^IC

La Rehonstrance inutile. 179 De là sont dérivez tant de rouges museaux, Qui d'un gosier ardent , que rien De désaltère , S'occupent sans relasche au bacchique mystère ; L'air, beaucoup plus en feu qu'au temps de Phaëlon , En cracha sur sa barbe aussi blanc que cotton , Et la nuict de devant on vit avec merveille Briller une cometle en forme de bouteille , Pour présage certain , non de mortalité, Comme les autres sont , mais de pleine santé : J'entens de ces santez que l'on fait à la table , Et par qui l'homme est dit animal raisonnable. Ce beau mignon Troyen, ce sommelier des dieux, Avec la jeune Hebé, versant à qui mieux mieux, Se lassèrent les bras à leur remplir la coupe , Et Jupiter enfui yvre comme une soupe.

Le grand mas tin céleste en devint enragé, Le sucre de Madère en poivre fut changé , Les gigots de mouton en jambons de Mayence; La terre eut le hocquet : elle eu cria vengence , Et la nature mesme, en ardeur s'exal tant. Se vit preste à mourir de la mort de Rolant ' ; Si bien qu'à mon exemple , ainsi que dit Histoire , Par tout à gueule ouverte on demandoit à boire.

LA REHONSTRANCE INUTILE.

ttAM^ivante image de la mort ,

|»t™£E P erre t te à la mine de piastre, J3Vç5yS De qui U gueule sent plus fort ■BwBBQue ne fait quelque vieille emplaatre, Vous qui n'osez marcher de jour,

.. Que la soif fit tant souffrir à Roneeraux.

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o La Rekonstkakcb inutile.

Osez-vous bien parler d'amour !

Et quoy ! vous n'avez plus de dents Que pour manger de la mous tarde , De nez que pour les accidents D'un pet ou bien d'une nazarde , De voix qne pour Taire du bruit , Ky plus d'yeux que pour voir la Dtlict.

Songez i partir de ce lieu :

Vostre temps a plié bagage ; Assurez-vous qu'il est nn Dieu , Puisque je vous tiens ce langage, Et que mon cœur peut consentir De vous voir dans le repentir.

Laissez vos désirs à la porte ; Veillez et priez si souvent D'une oraison qui voua transporte , Qu'ainsi vous puissiez voir sans yeux Qu'en la terre on peut estre aux pieux.

Faites vostre lit d'un rocher, Prenez la baire et le cilice , Gourm&ndez si bien vostre chair, Que vous fassiez mourir le vice; Bref, que pour gaigner paradis , Tous vos jours soient des vendredis.

Mais quoy ! vous ne m'escoutez pas, Vous riez en hochant la teste !

Je voy bien que je pers mes pas.

Par la morgoy ! je suis bien béate !

Rien ne sert de vous exhorter :

Le diable vous puisse emporter !

Chanson a boise.

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