Le* rôles de Scapin sont connus. Molière * popularisé ce
Quoué d'un estoc au vieux Ion * , Pour n'aller jamais à la guerre , Se pennade dans un parterre Dont les horions sont les fleurs, Les divers babils les couleurs, Les fusilles les badants qui tremblent, Et ou tous ses supposts s'assemblent, Yvres de bière et de petun , Pour faire un sabat importun.
Adieu , maque relies et garces ; Je tous prevoy bien d'autres farces (Poètes sont vatiei Dateurs) •
Dans peu tous et vos protecteurs Serez hors de France bannies Pour aller planter colonies En quelque Canada loingtain.
Le temps est près, et tout certain :
Ce n'est point un conte pour rire. Vous aurez beau crier et dire :
J'appartiens k Honneur un tel ; Quand vous embrasseriez l'autel , Quand pour tous en penser distraire Vous tous soumettriez à la haïra, Sifaudra-t-il marcher pourtant.
0! si l'on en faisoit autant
A toutes celles dont la vie
Dessus vostre mestier renvie ,
Que Paris se dépeuplerait !
Presque sans femmes il serait.
Adieu, grande et fameuse Grève* ,
i . Portant par JerriÈve un bAton ferré de» deux bouta, propre a chasser le loup.
a.C'eslaitr laGrÈvc ijue se faisaient les exeeulioua :
S Le Poète
Bêlas ! de te quitter je crevé ; J 'espérais qu'un jour à venir, Puis qu'aussi bien tout doit finir, . Apres avoir fait à l'eitresme Un tour de paya de moy-mesme , J'aurais l'honneur, sur vostre bort , De voir force gens à ma mort ; An lieu qu'au sentier que j'empoigne Devant que de r'estre en Gascongne, Je cours l'hasard d'au coing d'un boia Jetter seul des ultim' abbois , Accravanté de lassitude, De trop jeusner, de marritude, Et qui plus est, loing des beau yeux Où logent mon pis et mon mieux .
Ha! beaux jeux ! ha! docte maistresse ! Pour qui mon pie marche eu détresse , Gante Perrette ' , mon soucy, A qui, jeunet, d'amour transy, J'abandonnois moy-mesme enproye Mon cœur, mon poulmon et mon foye , Mon corps de l'un à l'autre bout , Trippes, boudins, et merde et tout :
Heuû ! faut-il que je te quitte .' Ouy, l'ordonnance en est prescrite.
Je voudrais bien que non, mais quoy 1 Nécessité n'a point de loy.
L'horrible misère, laquelle
i . Tflllemant prétend que Saint-Amant , dans ce passage eu en vue M"* de Gournar, que son amour pour notre vif langage foisoit tourner alors en ridicule. — Son livre Du at a une véritable valeur dans toute la partie purement grami tiealB ; ses traductions de Virgile sont tiraillées et pénibles [Voy. T. alternant.)
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crotté. aag
Oncquea ne va Bans sa séquelle, Dueil, dam, dol, peur, mort, froid, soif, faim, Honte, chagrin, rancœur, mes-haing, Paresse, désespoir, envie, Et de tous les maux de la vie , Malgré moy me contraignent à Laisser ton œil, qui m'empesta.
Au moins, 6 ma chère. Sybile !
N'aye la mémoire labile :
Remembre -toy de ton costé De ton pauvre rimeur crotté , Et du mien j'auray pour hostesse Dans le chief ma haute poétesse , Sont lesescrits, comme mes vers, Sont les torches de l'univers; Remembre- toy des sérénades Qu'en mes nocturnes promenades , Accompagné d'un bielleur Aveugle , afin que décelé ur De nos amours il ne pust estre , Discrétion (qui reconneslre Se doibt bien) je t'ay si souvent Donnée à la pluye et au vent; Rememore-toy davantage , Quequoy qu'en un douziosrae estage Tu te gistes proche du ciel , Et c'est pourquoy, mon tout , mon miel ■ Cy-devant haute t'ay nommée, Toutesfois, dune ame charmée N'ay pas laissé , grimpant en ours , De te visiter tous les jours.
Item , recorde-toy qu'en somme , .
Malgré ce que ce diable d'homme, Cette bedaine d'Allemand, Ce fin railleur, ce faui Normand ,
j3o Le Poëte
Ce vray démon de la satyre , Né pour nostre commun martyre, A dit de bouche ou par escrit De ton corps et de km esprit, Tantost accomparant ta mine A quelque vache qui rumine, Tantost chantant qu'un siècle entier A grealé dessus ton quartier ; Tantost, l'appelant vieille chatte, Poil de gorret, caboche platte, Nez roupieux, œil esraillo.
Sec de pivert, teint escaillé, Menton velu , cou de bellette , Sein de drappeau, corps de squelette, Bras d'oziersec, main de guenon, Jambe de grue et pié d'aanon ; Tantost, disant que de Virgile Tu honnis l'adorable stile, Que son beau sens perverty as Avec ton galimathias; Que tu apte n'es ny idoine Qu'à servir de folle à la roine , Et qu'en un estât bien réglé Ton cher ponant eeroit sanglé '.
Recorde-toy, dis-je , o ma rose !
Que , quoy qu'en creusse quelque chose.
Je t'ay obstant moult bien servy.
Et serviray, si plus je vy.
Je te le jure par ta garbe1, Par (on bon demy-pié de barbe ,
i. LeBliuitiers qui précèdent ne se trouvent pas dans redit de 1649.
i. De l'Ëspagn. t/arbo, air galant. Ce mot se prenait peur ti
CROTTÉ. a3i
Parle grand diable de V au vert1, Par ta tesle à chapperon vert, Par la mienne à porter marotte.
Par les guenilles de ta cotte, Par ton mary, qui fut pendu', Par ta sœur au groin morfondu , Par le gousse! do ton baleine, Par le nabo tin * qui te meine , Par ta guenuche qui le suit, Par ton bel attiffet de unit , Par le grenier où tu demeurée , Par tes dente de couleur de meures, Par ton vieux chiffon de collet, Par ta coiffe d'un bioulet , Par tes souliers d'une coudée, Par tes grimaces d'obsédée.
Par tes gands fourrez de blaireau, Par ta simarre de bureau , '
Par les vitres de tes lunettes , Par le tint in de mes sonnettes , Par ton masque de camelot, Par ma taille de Sibilot , Par ta chaise à jambe démise , Par la foire de ta chemise, Et par tout ce qu'avons nous deux De ridicule et de bideux.
Bref, souviens-tov qu'à ton exemple*,
i. Voy. (Enrtt di Bogtr te Collerye, p. 114, note 3 (BiHfc- BUqtu tUtviriaaa).
9 . Ce vers est mis pour dépayser le lecteur.— W* de Gournaj ne fut jamais mariée.
3. C'était une fille d'Amadis Jamyn , le poète , page de Ren-
4. Les seiîo Ter* qui suivent ne figurent pas dans l'édit. de
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H Le Pobts
Honte sur l'eschelle du temple' , J'ay publiquement défendu Ains pieça, los, jaooit, ardu, Soûlas , opter, blandice, encombre1; Et, m 'escrimant, ainsi qu'une ombre.
Sans mes discours superlatifs , Pour les mignards diminutifs , Ày prouvé par raisons notoires A tous les porteurs d'escritoires , Que, comme de mil vient millet, Ainsi de mail -vient ton Maillet, Nom dont, par une prévoyance De nos amours , c'est ma croyance , Le fatum exprès m'a pourveu , Pour que de toy mieux fusse veu.
Ha! nia vieillot tinc Perrette!
i . Cette échelle , placée au coin de la me du Temple et de larnedes Vieilles-Àu ariettes , était, comme plusieurs autres qu'on vojoit dans divers endroits de Puis, des marques de haute justice. Elle fut brûlée nn jour d'orgie par plusieurs gentilshommes dont une chanson mas. nous a conservé les noms : de Rouville, Caudale, Brisaae , Coulon et le marquis de Ville.
i. On lit, au sujet de ces mois, dans la Requête itt dieiia*- Mlrta de Ménage :
Ajoutons que Fénelon et La Bruyère les regrettent; que plusieurs des mots protégés par la Fille d'alliance de Montaigne sont parvenus jusqu'à nous avec honneur.
Que ne te tiens -je ores seulette
Près de quelque flot argentin,
Or' que l'archerot enfantin ,
De ses vo-volantes flammèches',
R 'innove * eu non sang mille brèches ,
Et qu'en despit du froid , du temps,
En songeant à toy je m'estends !
Je sçaurois si hermaphrodite
Avec vérité tu esditte ,
Obtenant de ta grâce ainsy
Ce don d'amoureuse mercy,
Guerdonbien deu aux ra&ui prolixes.
Quêtes yeux, mes planettes fixes,
Depuis vingt ans fait souffrir m'ont,
Assez pour es cacher un mont.
Helas! il me souvient encore, 0 douce lampe que j'adore!
D'une chanson dont vis à-vis De ton guichet , i mon advis , Je te gringolay mon martyre; La voicy, je la veux redire , Tant afin de ne l'oublier Que pour aux champs la publier :
Belle, qui dans un grabat Sans rabat,
Toute seule et toute nue ,
Estens à présent ton corps, Si ne dors ,
Lasloymadescouvenue.
Oy le triste ver-coquin D'un mesquin
i3{ Le Poste
Sut qui Capido s'ae barne , Et pour obliger Mo feu
Tant soit peu, - Mets le chief à ut lanterne.
C'est un pauvre adolescent
Innocent, Féru droit à la poictrine.
Lequel , bous ton bon plaisir ,
N'a désir Que d'embrasser ta doctrine.
Les garrots de tes regards ,
Doux-bagars, Dans son cœur leurs pointes fichent Plus avant, las! que dans ton
Pelotton ' Tes espiègles De se nichent.
Les cottrets qu'à la S&inct-Jean ,
D'an en an, Dedans la Grève on allume, Ne bruslent pas mieux que luy,
Qu'aujourd'huy Ton œil ird , grille et consume.
m qu'il pleuve à Dots
Sur son dos, Qui n'en est pas beaucoup aise , Cet orage dégoûtant,
Nonobstant, Ne peut es teindre sa braise,
Combien, dis-je, que la nuit,
Sans nul bruit, De noires ombres le cerne , Ce feu fait que pour ses pas ,
Oros besoin de lanterne.
11 est pourtant si secret ,
Si discret, Que la clarté' l'importune , Craignant d'astre reconnu
Et tenu Pour homme a bonne fortune. Si dessus le lac amer
De la mer Il estoit dan un navire; Les rots qu'il lâche pour toy,
Que je croy, Luy serviroient de zephire.
Aussi les moulins à vent
Bien souvent En ont mis le grain en poudre , Et l'eau que pissent ses yeux
En mainis lieux , D'autres moulina a Tait moudre.
Moins de poils a ton matou*,
Qui dort où Tu te reposes la teste, Qu'il n'a d'ennuis au cerveau ,
Tant ta beauté le (empeste.
Las ! helas ! 6 dur esmoy !
C'est de moy, C'est de moy de qui je parle ;
6 Le Poète ckotté.
Si tu veux sçavoir mon nom ;
Ha guenon , Je ne m'appelle point Charle.
Comme il alloit hurlant ces rimes , Ces beaux adieux farcis de crimes Contre la langue et le mestier. Un puissant ribaud de chartier, Qui retouruoit au Bourg-la-Reine Charrette vuide et panes pleine , Le rencontrant dans son chemin , En bourdican de Saint-Fremin, Termina ses sottes merveilles D'un coup de fouet par les oreilles.
Et lu; fis! changer de discours Pour crier: A l'ayde! au secours!
Si quelqu'un icy vent entendre Par quel moyen j ay peu l'apprendre , Puis que je ne m'y treuvay pas , Je n'a y qu'àluy dire en ce cas, Afin de i'oster de cervelle , En chantant la chanson nouvelle Qui maintenant est en crédit.
Von petit doigt me l'a dit1.
i . Retrain d'une chanson en TOgue ;