LE POETE CROTTE
; Dur, de Rets1.
Dans cette satyre joyeuse, Plusieurs se sentiront pincer D'une fscon ingénieuse , Qui ne pourront s'en offencer.
lyon, ma petite camuse, Degraee, enfle la c< Pour en tonner d'un chant falot , Non les débauches de Bilot ,
c'est le méchant poète, porteur de rogatons, qui s'est rendu ridicule; c'est enfin ce qu'on appeloit un riment de balle. (V. Furetiere, au* mots crolli, archidiacre, roialim....) Dans le supplément mas. au Mcnsyiima (Bibl. Imp.), on lit: « M.Ceapréau* s outré les caractères aussi bien que Molière. Ilapeint les gens plus ridicules qu'ils u'estoient. lia dit, par exemple, que Pelletier le poète alloil de cuisine en cuisine, et il n'a presque jamais mangé hors de chez lui. »
a. Voy. la notai, p. 3.
io Le Poète
Qui, prett de descendre en TAverne, Esteudu contre une taverne Dont iladoroitlelocquet, Enjettantle dernier Locquet, Comme il entendit crier : Masse !
Soudain d'une roii graisle et basse Respondit: Toppe ! et puis mourut D'une broche qui le fernt ; Non, dis-je, pour proaaer sa gloire A vaincre Baechus mesme à boire , Mais pour chanter et mettre au jour L'adieu du poêle à la cour.
Mon duc , de qui , sans flatterie , Picqué d'une noble furie , J'esleverois le nom aux deux, A la honte de tous les dieu , Si les règles de la satyre Aucun bien ponvoîent laisser dire , Dans vostre mal vuoillaz ouyr Ces vers bits pour vous resjouyr.
Peut-estre que vos médecines , Vos bains , vos huylles , vos racines N'apporteront pas tant du leur A soulager vostre douleur, Puis qu'on tient pour chose certaine Que, pourappaiser toute peine, Le plaisir est un appareil Qui n'a nul remède pareil.
Quant est de raoj, malgré ma jambe Où le' feu Sainct-Antoine flambe *, Malgré mon pauvre bras demis , Au grand regret de mes amis,
En maint endroit leur rime platte Me fait esp&noujr la ratto.
Mais il est temps de commencer ; Debout, Margot, H fautdancer.
Lors que ce chardon de Paraisse* Ce vain espouvanlail de classe , Ce pot-pourry d'estranges mœurs, Ce moine bourru des rimeurs,
i. L'auteur désigne ici Maillet, ce poète dont nous avons parti note 1, p. >3g. Nous ajouterons, pour compléter le portrait qu'en fait Saint-Amant , ce qu'ont dit de lui Fr. Colletet {toc. cit.) et Théophile : h Je ne seay pas comme il se pourrait desmesler d'an compliment amouraus , car, tt ce que m'a dit monpère(fl. Colletet), sa mine austère, ses jeui haisrds(iic), son poil confus et mealé, sa taille haute et courbée , ses habita peu somptueux et souient en lambeaux, enfin «on entrelien rustique et sauvage, me persuadent assez que, dans sa pensée et dans sa yeue , il n'estoit pas un Adonis , nj un Hédor dans l'esprit de son Angélique. Si, dans tontes ses actions, il te fût conduit selon les règles de la prudence humaine , il ne se fût pas rendu, comme il fit depuis, le jouet des grands et du peuple mesme , qui commença à le considérer comme un esprit bourru et melancholique , que l'on lojoit tousjours bizarre et toujours resicur... Théophile fut un des premiers qui l'entreprit, car c'est de lu; dont il parle , dans nne de ses premières élégies, en ces termes :
Ce tableau assez bien tait excita notre illustre amj Saint-Amant d'enchérir encore par dessus. » — Le cheralier de Caillj a fait aussi un quatrain contre Maillet, et Heynard deux sonnets.
19 Le Poète
Ce chaland de vieille tripière , Ce faquin orné de rapière.
Cet esprit chaussé de travers , Ce petit fagotteur do vers , Vid sa pauvre muse chifflée Et son espérance beiflée * , Après avoir esté vingt ans Un des plus parfaits sots du temps , Et s'estre veu , par son mérite , Fol de la reyne Marguerite , Qui l'estimoit , Dieu sçait combien !
C'est-à-dire autant comme rien.
A la fin , saoul de chiquenaudes , De taloches, de gringuenaudes, D'ardentes mousches sur l'orteil , De camouflets dans le sommeil , De pets en coque à la moustache, De papiers qu'au dos on attache; Denfler mesme pour les lacquais , De bernemens, de sobriquets.
De coups d'espingle dans les fesses, Et de plusieurs autres caresses Que dans le Louvre on luy faisoit Quand son diable l'y conduisait , 11 luy prit, quoy que tard, envie D'aller ailleurs passer sa vie, Et , laissant Paris en ce lieu , Luy dire pour jamais adieu.
Maie, avant qu'il ouvre la bouche , Je veux luy donner une touche De mon pinceau pour l'habiller , Tant qu'on s'en puisse esmerveilier.
Un feustre noir, blanc de vieillesse ,
i. Trompée.
C.OO^IC
Gara y d'un bf.au cordon de grosse , Qu'il ne sçauroit avoir perdu, Non plus qu'engagé n; vendu Sans se voir aussi-tort nu-leste, Couvrait la bure de la beste , Troussé par devant en siainct Roc, Avec une plume de coc.
Son pourpoint, sous qui maint pou gronde, Montrait les dents à tout le monde , Non de fierté, mais de douleur De perdre et matière et couleur.
Il Tut jadis d'un drap minime ; Mais qu'est-ce que le temps ne lime'ï ' Le pauvre diable a fût son cours : Autant puissent durer mes jours. * La moitié d'une* peccadille, Sur qui sa crinière pandille , Affreuse et sentautle sabat, Lu; servoit au lieu de rabat.
Des gregues d'un (aux satin jaune, D'un costé trop longues d'une aulne , Et de l'autre à bouillon troussé, Reliques d'un ballet dansé , Qu'un galand coiffé d'une dame Lu; donna pour son anagramo Avec un dem;-quart d'escu , Enhamacb oient son chien de eu.
Un rocquet1 de bnurraccan rouge,
i. On k rappelle le sonnet de Searron :
Il n'ïll point de ciment que la letap, ne dïuDude....
Iloit-je murer in aurait qn'un meciianL nourpvint noir
Qui ai dart dix au ioii pnee par tt couda t
i. Roqttit, espèce de manteau sans collet qui ne tombait que
iqa'au coude. Des mattrei il passa aux laquais, et de là aui
uffons : — le manteau de Crisptn, t'est un roquet
ai4 Le Porte
Qui jamaû de son dos ne bouge , L'affubloit, quoy qu'il fust hy ver, Et qu'il fust rongé de maint ver.
Une estroitte jartiere grise , Faite d'un vieux lambeau de frise, Eu zodiaqu&nt le gipon , Servoit d'escharpe à mon fripon , Et traînait, comme à la charrue, Pour soc un fleuret par la rue.
Dont il labooroit le pavé , Lequel en estoit tout cave.
Ses jambes, pour paisWir les crottes, S'armoient à cru de vieilles bottes , L'une en pescheur, d'un gros cuir noir, La plus grande qui se pnst voir, L'autre d'un cuir blanc de Russie, A genouilliere racourcie; L'une à pie-plat, à bout pointu , Et l'autre à pont-levis tortu.
Un petit esperon d'Engliche, A la garniture assez chiche, ErgottoitsoD gauche talon; Quant au droit, le bon violon N'y portoit rien qu'une Scelle Pour en souslenir la semelle.
Qui , comme un fruict meur ou pourry, Laissant l'arbre qui l'a nourry.
Par quelque soudaine tempeste, A tous coups estoit toute preste De quitter, en se remuant , La plante de son pied puant.
En es ridicule équipage, Chargé de son petit bagage , Tirant pays seul et dispos , 11 debagoula ces propos :
Ville où j'ay tant iraisoé mes guestres. Ùuej'on dois mieux sçavoir les estres Qu'un rat ne fait de son grenier, Je te chante l'adieu dernier.
Adieu doncques , Paris sur Seine»
Seine , rivière humide et pleine , A Saniîa» nommée ainsi, Comme dit quelque aulheur chansi.
Adieu Paris , cité superbe , Paris sans pair, rare proverbe !
Qui montre, en cachant mille appas , Que Vaugirard ne te vaut pas.
Adien Pont-Neuf, sous qui l'eau passe, Si ce n'est quand hyver la glace :
Car, adanc ne bougeant d'un point, Elle est ferme , et ne passe point.
Adien , roy de bronze ou de cuivre , Qu'à pié l'on peut aisément suivre, Quoy que vous soyez à cheval , Sans aller par mont ny par val; Adieu , belle place Dauphine* , Où l'éloquence se raffine Par ces baateleurs, ces marmots, De qui j'ay pris tant de beaux mots Pour fabriquer mes epigrammes , Ban mots qui, plus pointus que lames, Font qu'on ne peut, sans se pîcquer, En torche-culs les appliquer.
Adieu ! vous que tout au contraire J'ay souvent fournis de quoy braire:
i. Cf. Ut Adkux ait Harais de Scsrron, et la satire de Boileau sur le même sujet. La plaça Dauphine et le Pont-Neuf éloient encombrés par les bouquinistes, les bateleurs, les charlatans (Mondor,Tabarin, etc.), les chanteurs {le Savoyard, etc.).
6 Le Poète
Chantres, l'honneur des carrefours Et des ponts, où d'une voix d'ours Et d'une bougonne grimace Tous charmez le sot populace , Tandis qu'un matois, non en vain , Essaye à (aire un coup de main.
Adieu, blonde Samaritaine', Que, sans peur des tireurs de laine , Pour n'avoir n'axgent ny manteau , En venant du royal chastean J'ay veu cent fois aux heures sombres , Lors que l'opacité des ombres Absconce* tout ce qui reluit Dessous la cappa de la nuit.
Adieu, belles rostisseries , De moy si vainement chéries ,
î.iLa fontaine delà Samaritaine est un des ornements du Pont-Neuf. Ce bâtiment avait été construit, sons le règne de Henri 111, a la seconde arche du coté du Louvre. 11 fut détruit en 171a... et rétabli avec plus d'art et de goût qu'il n'étoit auparavant. » On sait qu'il n'existe plus —Le 6 juin i654, suivant la gazette de Loret, six hommes attaquèrent le maripiis de Resnel près delà Samaritaine, et lui laissèrent... sa chemise. — Voy. encore au 7 avril i65a.— A la date du ismar* iB$e,on
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Où fay veu fumer d'aloyaux , Qui plus valoient que les joyaux Qui decoroieut le pont au Change Devant ce traistre esclandre estrange, Qui , plus prompte ment qu'un esclair, Luy fit faire le saut en l'air',
Adieu le roy dos testes-folles , Grand Erty, qui , dans les escolles Qu'on tient aux Petites-Maisons , Fais rire jusques aux tisons.
Las ! de quelle persévérance Paty ay-je, sous espérance D'obtenir quelque jour du sort Ta Doble place en cas de mort, Place que j'eusse demandée , Et qu'on m'eust sans faute accordée , Nul n'en pouvant, comme je croy, La charge mieux faire que moy.
Adieu, palais où la justice Ne mange que du pain d'espice»,
1. Pour comprendre ce passage, il faut se rappeler que ce pont étoit occupé , d'un cote , par 5o forges d'orfèvres , et , de l'autre , par 54 boutiques de changeurs. 11 étoit eu bois. Souvent emporté par les eaux, incendié aussi eu 1G91 (»4 octobre) et en i63g, il a été rebâti en pierre du 10 septembre i63g au 90 octobre 164-.
3. Autrefois les épices étoient fort rares, et si précieuses qu'on les offroit pour étrenues ; plus tard, sous le même nom , on j substitua des sucreries. Gagnoit-il un procès , le plaideur reconnaissant envoyoit des épices a son juge, a Bie nût, lit-on dans les Vmrr et catttmades Frmpaiê, par Legrand d'Aussy, l'abus s'en mêla , et saint Louis Se crut obligé de lier h la valeur de dri sous les épices qu'il pennettoit aux juges de recevoir, o L'avidité des jugea se voila davantage, et l'abus continua. La vénalité des charges fit ensuite convertir en argent ces paquets d'épicéa : de là cette formule, qu'on trouve en marge des
ai8 Le Poète
Et ne (ail boire à ses régents, Que la sueur des sottes gents , Qui pour un zest , pour une paille , Bouttant jusqu'à l'ultime maille , Apprennent à leurs hoirs enfin Que cil qui plaide est moult peu fin.
Quant à toy, gros Louvre effroyable, Pour adieu je te donne au diable , Le roy dehors , cela s'entant , Et les reynes, qui valent tant.
Ouy, de bien bon cceur je t'y donne, Je te dis moy-mesme en personne , Pour les niches , pour les tounnens Que dans tous tes departemeos On m'a faits depuis tant d'années ,
anciens registres du parlement : No* dtttbtrattr isntc MbMfttr tpttiet, — pas d'épices, pas de jugement. Furetiëre nous apprend que l'on doanoit le nom d'épices lui salaires que les juges se laioinnt en argent an bas des jugements , pour leur peine d'avoir travaillé au rapporteta.lt révision des protis par écrit. D'abord il n^ avoit que les juges pédsnés (juges de village qni rendoïent leurs jugements ((m/h i» pidiéti) a recevoir des Épicéa, parcequ'ils n'avoiont point de gages. À la fin du XVII* siècle, on payoit les épices en icus quarts de trois livres, quatre sous ; mais, h cette époque , certains magistrats avoient bien compris la bonté de cette coutume. Ainsi M. Portail, conseiller au parlement de Paris, jetait par la fenêtre du grenier, où , comme Dandin son portrait , il avoit bûché sou cabinet (voy. T alternant), les présents qne lui apportaient les plaideurs. Les poètes attaquèrent le même abus. Furetière voit au milieu. d'un marché une statue de la Justice, et il fait celte épi gramme :
— IV ml yiant qu'où • Uni approcha
le son c5tê , a fait plusieurs épi-
Tourmens que les aines damnées Trouveraient pires aux enfers, Ny que leurs feux , nj que leurs fers. Voyez un peu que c'est du monde, Et combien est fat qui s'y [onde !
Je me souviens qu'au temps passé Des plus grands j'estois caressé ; Ils me tenoient pour habile homme.
Peu s'en faut que je ne les nomme , Pour montrer qu'ils ne sçavent rien ; Hais nul ne m'orroit, aussi bien.
S'il se faisoit galanterie, Course, carrouzel, mommerie, Combat de barrière, ballet; S'il fallait chanson ou poulet , J'estois leur mon- cœur, leur mon-maistre ; Leur ame m'ouvrait la fenestre Pour m'exbiber tous ses secrets , Tous ses plaisirs, tous ses regrets, C'est-à-dire mille sottises.
Je leur fournissois de devises , De beaux couplets , île hauts discours; Enfin j'estois tout leur recours.
0 faux gaiands ! 6 hapelourdes !
Que vous avez les testes lourdes , Quoy qu'elles soient creuses pourtant. Et que l'air soit moins inconstant!
Quand on vous montre ou vers ou prose, Feignons d'y sçavoir quelque chose, Vous sousriez et faites : bon, Mais à contretemps, c'est le bon.
Si l'amour à soy vous attire , Vous demandez une satyre A ta louange des beaux yeux , Qui sont vos soleils et vos dieux.
aao Le Porte
Ou tous pries que l'on vous tassa Sur tous les attraits d'une face , Autant de long que de travers, Quelque beau quatrain de six vers.
Si dessus un nom d'importance , On tous dit quelque sotte stance , Vous l'exaltez par des transports, En grimassant d'ame et de corps ; Et si d'un nom qu'on chiffle au Loutto , Quelque ouvrago excellent on couvre En le prononçant vilement , Vous ne l'estimez nullement.
Si vous oyez un équivoque , Vous jeltez d'aise voslre toque Et prenez son sens malautru Pour un des beaux mots deBautru*, J'ay veu qu'un sonnet accrostiche Anagramme parl'emistiche ' , Aussi bien que par les deux bouts ,
i. BautrudeS«rant,névers i588,morten j885,araged'environ 77 ans', fui un dot beaux esprits du règne de Louis XIII et de la Régence. Le Mmagiana est plein de ses bons mots et de ses fartes. Voy. aussi T alternant, III, 98, édit. in- 18. — Bantru éloitde l'Académie franeoise. Pellisson ne cite aucun de ses ouvrages ; cependant COntitnirt « l' Ane-tomme , qui se trouve dans ItCaUnit tatsriqut, est signe de lui. On a dit de lui, grâce a sa femme, qui garda son nom de Nogeni pour ne pas entendre prononcer à l'italienne par Marie de MMicis le nom de Bautru : rinm [ce ff , ici riiiflut (fit.
1 . Il serait trop long de donner la liste de tous les versificateurs d'ordre infime, depuis Fortunat, Théocrite même, jusqu'au poète da Saint-Amant, qui ont cherché de semblables difficultés. M. Peignot adonna une poétique curieuse , sinon complète, des genres dont se moque Saint-Amant. Dana la BiW. du ihèa- Irtfrmt. on cite une puérilité de ce genre qui mérite d'être signalée (III, p. 65-6t>) : a flujnei MUlattt, prieur, chanoine en
Passoil pour miracle chez vous.
J'ay veu que tous preniez des noises Pour les Marguerites francoises * , Et qu'eussiez joué des cousteaui Pour Nerveze et pour EscuLeaux1;
Sainte
Rein,
pries
4' .et..
nous.
Tantes les scènes de la présente tragédie commencent par chaque lettré de ces cinq paroles, et tous les acteurs et actrices qui ont représenté ladite tragédie ont leur acrostiche eu leurs discours, par chaque lettre de leur nom et surnom, a
i. Les Marguerite! fnmfoUea ou peurs de Me* dire, par François Desmes , Contançois, Rouen, i6i5, in-is. Le titre de ce litre ètoit devenu le nom des compliments et des façons de parler recherchées.
■, Nenèze et Des Eseuteaui. Ces deui noms sont depuis long-temps synonymes de méchants auteurs. Les biographes ont généralement dédaigné de s'en occuper. — Nousconnois- ■ons du sieur de Hervèie, secrétaire de le chambre du roi , In Amours die-ertei , imprimées séparément d'abord , puis réunies en s vol. (Rouen, Cl. Le Villain, 1611, in-is), et dédiées h Sullj et a son fils, le marquis de Rosuy. Sa sœur étoit connue sous le nom de Hérésie parmi les précieuses, et elle écriroit aussi. Le Cercle des fanait* enanlet de Jean de La Forge la célèbre sous le nom de Némésis. — Des Escuteaui a {ait paraître entre autres, en i6o5, les Amours de Ludion die Fie— rtande, Paris, Du Bray, i6q5, 1 vol. în-u. Ce sol iim« est dédié a dams Catherine de Mars , comtesse douairière de Cara- Tas. Rien n'est plus ridicule que son pathos : « Madame, si la sagesse n'avoit establi un empire aussi absolu en Tostre ame que l'amour un pouvoir impérieux au rayons de vos beau
a Le Poète
El depuis peu mesme la Serre1, Qui livres sur livres desserre , Duppoit encore vos esprits De ses impertinents eserits- Non, non, je ne suis pas si beste , Quelque longue que soit ma. leste, Que je ne reconnoisse bien Que vous Testes ou n'estes rien.
Adieu , dames et damoiselles , Autant les laides que les belles , Si par fard on peut mériter Ce nom de belle , et le porter.
veux, Floriandc, qui Tut un soleil de beauté, n'auroit para ue-
i. Pogetde La Serre, né vers 1600, mort en i665, a composé plusieurs tragédies ; il s'y montre précurseur de La Hotte en employant la prose : Pntdailr, Pyramt, Ta. lions, le Sac te Carlht)e,te Martyre de natte Catkcrint, Citaient, Tkittt.ïï éloit historiographe de France et conseiller d'Etat. La Serre écrivoit pour dédier ; comme ses écrits ne se vendoient pas , il sa rattrapoit sur les dédicaces. On conserve à. la Bibl. Mainrine le mss. d'un livre qu'il dédia à la reine, et la reliure est un chefd'œuvre. Dans les notes de Brossette sur Boileau, on trouve sur La Serre quelques curieuses anecdotes. On a de lui , entre autres ouvrages : le Secrétaire de la cour et ait mode, on I» manière d'écrire leutci torlet Se lellrei, tant ëirlentet, monta, çu'aaotrcuiei , avec leurs rcapmtseï; augmente ia conjtlimenti de la tangue [ratnite , par le sieur de La Serre, Rouen, veuve Oursel, S. D., i vol. in-n. Ls Serre dédie ce volume h M. de Malherbe* a Voie; une autre statue de mon nom (lisez Memuou) que je vous présente comme h sou soleil... Auasj estes-vous en France le Soerate d'Athènes... t On j trouve des modèles de lettres sur des sujets comme celui-ci : tt Lettre d'une dame qui seroit prisonnière du commandement de son prince amoureux d'elle, s
C.OO^IC
Allez au Cours', aux Tuilleries*, Faites-y force drolleries, Hais il n'en est pas la saison.
Ne bougez donc delamaison , J'entends ne bougez de k ville , Et là, d'une humeur bien civile Entre-visitez-vous souvent ; Puis, feignant d'aller au couvent , Glissez-vous eu robbe discrette Chez la confidente secrette , Où vous attend le financier Avec boutique de mercier Et collation préparée Pour passer toute la soirée, Pendant que l'amoureux de cour Souspire en vain pour vostre amoui Encore un coup, o belle bande !
Pour adieu je vous recommande, Si vous n'avez pire destin Aux successeurs de Roquentin).
i. Ou dounoit ce nom tden belles et grandes allées bordées de tillos », dit Rictaelet. « C'était un lieu agréable où étoit le rendez-vous du beau monde pour se promener h certaines heures, d Le Cours- la-Reine, planté par Marie de Médicis, hors des murs, le long de la Seine, avoit trois allées. (Voy. Furetière.) e Cette promenade étoit entourée de fossés et avoit aux deux extrémités deux grands portails. L'allée du milieu avoit su a sept toises de largeur, n A la suite de la Mai/mit , tragicomédie dn sïeur Aulray, on trouve, dans les h autres œuvres poétiques », une longue pièce sur la promenade du Cours — [P. 39-5>)-
i. n ne s'agit pas du palais, mais du jardin des Tui-
3. On donna le nom de roquentins k des chansons qui comme le Bossa, comme te Coq du voisinage, le Petit Doigt,
«4 Le Poète
Adieu tous qui me fûtes rire , Venu gladiateur* du bien-dire , Qui sur un pré de papier blanc, Versans de l'encra au lien de sang , Quand la guerre entre-Tons s'allume , Vous entre-bourrez d'une plume , D'an cœur doctement martial , Pour le sceptre eloquential.
A propos , messieurs , quand j'y songe , Que je tôt quel soucy tous ronge, Et le dessein que tous avez , Parbieu! cela n'est pas mauvais , Ou soit en Ters, ou soit en prose, Que tous disputiez d'une chose Qui sans dou tance m'appartient, A ce que l'Olivete tient.
J'en eusse dît ma râtelée , En me fourrant dans la meslëe ; Hait je ne suis pas si badin :
L'advan tur e du paladin Me fait tressaillir de lespaule ; Je redoute en diable la gaule , Et m'est advîs que sur mon dos Je ne seosdesji que fagots.
Adieu Trais théâtres comiques, Belles maisons académiques , Les ordinaires rendez-vous Des esprits forts , des esprits dous,
■ . Nous ne pouvons que renvoyer ici au Dlct. des prècieatei de Somalie, qui sera publie dans cette collection, et à la notice préliminaire qui doit raccompagner.
■ ,GoogIe
Des eloquens , des gens d'intrigue ,
Ses cœurs de l'amoureuse brigue, Des complaisais applaudisseurs Et des raffines polisseurs.
Quel plaisir d'estre en une chaise Chez vous bien assis à son aise, Dans une ruelle de lit Où Madame s'ensevelit Loin du jour, de peur qu'on ne voje Que son m jflle est une monnoye Qui n'est plus de mise en ce temps, Et qu'elle a bien neuf fois sept ans!
LA l'un lit, là l'autre censure.
Donnant à tout double tonsure; L'un se refrogne et ne dit mot; L'autre nigaude el fait le sot; L'un raconte quelque nouvelle Qui met tout le monde en cervelle; L'autre petto en eslernuant, Et l'autre vesse en bouc puant.
Adieu , mon hoste, mon compère, Où je m'en suis fait en grand 'chère Pour un franc, six liards etdemy En deux quarts d'an. Si, mon amy, Si je vous dois quelque chosette, Quelque chose , dis-je, de reste, Un bout de peigne t'ay laissé Qui t'en rendra récompense.
Adieu, bel hostol de Bourgongne1,
i. Lu confrères de la Passion achetèrent de Jean Rouvel, le 3o août i£48,un terrain de »1 toi ses de long sur 16 taises de large, faisant partie de l'ancien hôtel de Boargogne, qui donna son nom su nouveau bâtiment élevé par les confrères. En i55», Jodelle substitua, disent les frères Parlait, aux spae-
226 Le PoËTfe
Où d'une joviale trongne Gaultier •, GoUIudm * et Tnriupin *
Font la figue au plaisant Snapin*, Où , dis-je , mes petits confrère* Estaient leurs bourras mystères ; Où maint garnement de filou ,
Udcs de son lemp» la comédie et la tragédie dans la goût de* ancien*. Le* comédiens de rbMet de Bourgogne forent lu premier* k obtenir le titre de comédiens du roi , avec une pension de doase mille lrrre*.
i. Gautier-Garenille dénota sur le théâtre du Marais ters i598. Son vrai nom était Hugnea Gueru ; on l'atoit surnomme Fleehelles. H étoit tria maigjat les jambes droite*, menues. Il représentait ordinairement un vieillard dans leataœ», quelquefois les roi» dans les pièces sérieuses. II avoi t un entretien fort agréable. Voici son costume ; des pantoufle* au lieu de souliers ; un bâton si la main; une espèce de bonnet plat et fourré; point de cravate ni de col de rbemise; une camisole qui descandoit jusqu'à la moitié de* caisse* ; une culotte étroite qui tenoit se joindre an bas an dessous du genou ; une ceinture a<ec nne gibecière et un gros poignard ; le corps da Itiahit uoir, les mau-
aur le rouge. (Y. Sauvai et le* frères Partait.)— Il avolt épousé lafllle deTabarin(vov. uote i, p. issl. Il a composé quelques prologues et de* chansons imprimées (in-i s) : le privilège , dn 4 marsiS3i, est motiTé sur la crainte qu'avoit l'auteur de t oir ton litre contrefait et gâté par des chansons plus dissolues que le* tienne*, a. Voyea note a , p. ifl4-
3. Henri Le Grand , surnommé Belletîlle ponr le baut comique et Tnriupin pour la farce, entra jeune h l'hôtel de Bourgogne, vers iS83. Jamais comédien n'acomposé ni mieux conduit la farce que Turin pin On a fait sur ces trois comédiens
inséparable», Gantier-Oargoille, Gros-Guillaume et TuTlnpta, une épitaphe commune. Voy. Sauvai, les frères Parfait, etc.