‹ Œuvres complètes de Saint-AmantChapitre 37 sur 86 · LA PLAINTE DE TIRSIS · texte numérisé non relu

LA PLAINTE DE TIRSIS

fftSSffi *>>S l'horreur d'un bois solitaire , 1 ni "Ù malgré l'œil du jour règne en tout temps 1 MBrA Tirais, loing du monde qu'il fuit, [la nuit SàSnV Ne pouvant plus se taire , Chantoit en pleurs le doux et triste sort Qui le livre à la mort.

i . Cette pièce fut faite , sens doute , an moment où Séguier reçut (i633) la charge de garde des sceaux. — C'eat en i635 seulement, ■ la mon d'Etienne d'Aligre, qu'il fut nommé chan--

a(î8 La Plainte de Tirsis.

C'est donc une chose arreslée , Disoit ce pauvre amant plein d'ardeur et de foy , Que je souffre à jamais pour toy.

Cruelle Paeilbée!

Et que ton cœur, au lieu d'eu soupirer, Feigne de l'ignorer !

Tes beaux yeux, les rois de mon ame ,

Après m avoir soumis à leur divin pouvoir, Feront semblant de ne point voir Ha vive et pure flame , Et ton oreille entendra sans pitié Gémir mon amitié.

Ha! rigueur trop longue et trop dure ! C'en est fait, je me rends à ta Sere mercy. En vain ces houlx Battent icy Mes maui de leur verdure , [

11 faut périr : Amour ne m'offre en eux Qu'un espoir espineui.

Comme il achevoit celte plainte , Un long cry de bybou , douloureux et tremblant -, D'un mortel effroy l'accablant , Le fit paslir de crainte ; Et maint aspic. Giflant autour de luy, Redoubla son ennuy.

Un ruisseau plein d'inquiétude , Murmurant sur le dos d'un aspre et vieux rocher Du mal qullaroità marcher En un chemin si rude ,

Représentai t le lamentable cours De ses pénibles jours.

Le tronc noir et sec d'un érable , Par le courroux du ciel foudroyé depuis peu

Elégie. 269

Ne lu; presageoit en son feu Qu'une fin misérable ; Tous les objets y sembloient conspirer, Et luy la désirer.

ABjfeaC maranle est malade , et je ne suis pas mort ! WSQWj ^a ' ce8t lroP ')alacc,' - terminons notre sort, JHtAË F.t ne permettons pas qu'une crainte honteuse SUni Rende aux siècles Futurs ma passion douteuse! Si je vis un moment , si de ma propre main Je ne suis à ce coup à moy-mesme inhumain , Ma froide laschetë, déshonorant madame, Du tiltre d'imposteur me causera le blâme; On tiendra mes soupirs pour aussi mensongers Qu'ils sont de leur nature ardents, prouts et légers ; Mes langueurs , mes regrets, mes plus saintes paroles ; Passeront en amour pourdes contes frivoles; On dire que mes pleurs , on dira que mes cris Dont le son mesme est peint en mes tristes escr its , N'estant point d'un vray mal les lamentables signes, D'une juste pitié seront vraiment indignes ; Et que, puisque mon œil sans enestre réduit Dans la profonde horreur de l'éternelle nuit A bien pu voir souffrir tant d'attraits et de charmes , 11 ne mérite point que l'on croye à ses larmes.

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