‹ Œuvres complètes de Saint-AmantChapitre 41 sur 86 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

|J3|Mg*ngT<ite et cruelle Silvio !

MB PB Je m'en va; contenter l'envie

Hǧfec£ï3 C'en est fait, je nay plus de rie Qu'autant qu'il en faut pour mourir.

Au tombeau le sort me convie :

La clarté m'est déjà ravie, Et rien ne peut me secourir.

C'en est fait, je n'ai plus de vie Qu'autant qu'il eu faut pour mourir.

Pour l'avoir si long-temps servie, Voy ma fin, sois-en assouvie :

Ce seul bien j'ose requérir.

C'en est fait, je n'ay plus de vie Qu'autant qu'il en faut pour mourir.

CAPRICE. ■ !-

PjfftsA ous a0B me'Dns h"1* fricassez : N*S b?Ï Adieu les plaisirs de la bouche Wpj j|§B Les cieui, contre nous courrouce», E$fe4BS« Les font pourrir dessus la couche. Il a tant pieu tout anjourd'huy Que mon cœur en sèche d'ennuy.

Pensant à ce desastre insigne ; Et si cette abondance d'eau

Caprice. 3;5

N'estoit ailleurs propre a, la vigne Je ferais jouer le cordeau.

Qu'extravagant est le destin , Dans sa fatalité secret te , De ne pouvoir plaire à Catin Sans faire dépit à Perrette '.

Nos ris sont des autres les pleurs, Nos espiues leur sont des fleurs.

Si Jacques pert, Thomas y gagne. ' Le bien dont la France jouit Est le desespoir de l'Espagne , Qui de dueil s'en évanouit.

Mais où m'emporte ce discours î Je fais iey le philosophe; Muse colère, à mon secours !

Foumy-moy de plus rude étoffe.

Sus, retourne à ces pauvres fruits Qu'un second déluge a destruits Par une horrible violence, Et crie à gozier déployé Qu'après une telle insolence Tu voudrais qu'il eust tout noyé.

Quoy ! cet an bornera ses pas Sans que j'en soûle mon envie, Et je ne l'effaceray pas Du nombre de ceux de ma vie!

Si feraj dà, je le promets. Il ne s'en parlera jamais, Si l'ige futur m'en veut croire.

Oste-toy, six cens trente-deux.

Ou ne te montre dans l'histoire Que comme un fantosme hideux.

Que si quelque belle action

376 Le mauvais

S'est faite pendant ta durée , Qu'elle passe pour fiction, Ou bien qu'elle soit ignorée, Et qu'au rebours tous les forfaits, Tous les maux que mille ans ont faits. Tous les crimes les plus énormes, Sous les vilains mois ennemis Dont ton chien de règne tu formes Soyent orùsavoir esté commis,

Page 1