‹ Œuvres complètes de Saint-AmantChapitre 56 sur 86 · LA PETARRÀDE AUX RONDEAUX · texte numérisé non relu

LA PETARRÀDE AUX RONDEAUX

CAPBICE.

ffUSfi oublehomonime, et vous, fine equivoquci1, m tfSam * i°'ates mains ma Clion voub invoqua S ltiï&J& ^our 'a€oltor quelquo gentil rondoau ■ jSfBfrf^F Qui desarçonoe et Victor et Brodeau1. Auprès de vous lea plus hautes pensées Sont aujourd'hui dans l'estime ab baissées ;

i. Hammlme, dit Furetière , c'est la même chose que êqui-

Nos anciens poètes avoient de nombreuses espèces de rimes. Pour P. Delsudnn d'Aigaliers, a la première , plus excellente et moins usitée, pour estre la plus difficile, est 1'éqnlwqte , qui Ml lorsqu'un mot de deux, trois ou quatre syllabes , rime et simbolise s. la fin d'un vers aioc an autre vers , lorsqu'il y a plusieurs dictions, ce qui se montre et apprend facilement, par exemple , comme en mon livre des M cila*e ci il y a une epistre a demoiselle Claire Delaudun, ma tante :

El «>r q»l pol.l J'.t or. mi, mon .un»,

H. (Juieherat , dans son savant Traité et certification française, appelle a rime èqtitoqtt ou tqvivoqxtc une rime dans laquelle la dernière ou les dernières syllabes d'un Ter» sont re-

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La Petarrad'e.

Les plus beaux sens, les termes les plus forts , Tous eshanchaz, rampent à demy morts , Et le caprice avecques sa peinture, Qui fait bouquer3 et l'Art et la Nature. , Ce fou divin, riebe en inventions, Bizarre en mots, vif des descriptions, Ce rare autheur dea nobles balivernes , Quoy qu'inspiré du démon des tavernes, N'ose parestre et n'a plus de crédit Depuis qu'en cour vostre honneur reverdît.

prises fa ta fin du vers suivant dans un sens différent , souvent avec une orthographe, tout autre. » — Crétin s'est distingué dans ce genre de rime , lui dont Harût a dît :

L e ban Grelin eu in ëqaÎToqué.

Voici, du 1m Crétin, quelques vers pour exemple :

On connaît en ce genre les vers de Hsrot : en rime — m'enrime; rimailleurs — rime ailleurs; rimassez — rime assez; ma rimaille — marri , maille, etc.

a. Vider et Brodeau, c'est tout un. — Victor Brodeau étoil de Tours. On a de lui an poème intitulé lia Louanges dil.-C, Lyon, in-6, Sulpiee Sabon et AnL Constantin, iS4o. Le début n'a rien d'équivoque :

V«be étemel dH le comBeioement ,

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3i8 La Petaiiràde

Voyez un peu comme icy tout se change !

Comme du blasrae on passe à la louange !

Je tous croyais infantes autrefois,

Et maintenant je vous donne ma vois;

J'eusse juré qu'au front des seuls théâtres

Les francs badauta , des farces idolastres ,

Les sots laquais et les vils crocheteurs.

Se montreraient vos seuls admirateurs;

Et cependant , forcé de m'en desdire ,

Tout le premier j'en estouffe do rire;

Je vous chéris, je vous approuve en vers,

Ethors d'Envers j'en veux faire à l'envers. Hymnes sacrez , piteuses élégies ,

Stances d'amour, joviales orgies ,

Odes sans pair, doux et graves sonnets,

Vous n'estes plus que chants à sansonnets :

Un seul rondeau vaut un poëme épique ' ;

Un seul rondeau vous fait à tous la nique,

Et l'epigrame, à sa comparaison ,

N'est qu'un labeur sans rime et sans raison. Ha ! je voy bien qu'en ce siècle malade

Pour plaire au goust il faut que la balade *,

i . Ce vers est l'original ironique du vers trop sérieux de Bolleau:

Un loimet uni defcuti Tint «ul un Ions noirn». s. À la suite du rondeau, ramené par Voilure, sont venus en effet la ballade, le chant royal et le triolet; mais Voiture ne vit pas la vogue du triolet, qui ne reparut qu'a la fin de i6jB, année de sa mort, et qui fourmille dans les Soitùicra, surtout en i»43 et depuis cette époque. Boileau croit a. tort avoir vu des triolets dans Marot :

Moral bienltl aprtt Si fleurir les ballades, Tourna de. trioleti....

Sarasin , dans sa Pempi pitèbra de Yoitve , montre le Triolet

acx Rondeaux. 3tg

Léchant royal et le gay triolet, Rentrent en vogue et prosnent leur rolet. Je connois bien qu'il faut que l'anagriroe, Et l'acrostiche1, et l'echo qu'on reclame ,

suivant le convoi tout en larmes; mai» on chercherait en vain des triolets dans les œuvres de ces deux poètes. — Le plus ancien exemple de triolet que noua connaissions se Ironie dans le roman de Cïéomadt», par Aliènes Le Koy. Clarmondine, dans un inatanl od Cleomadès la laissoit seule sons un frais ombrage,

Dici ! trop demeure mi anii :

Saint-Amant n'est pas le senl qui ait remarqué celte vogue extraordinaire des anciens genres qu'on renouveloit. Dans sa tfott tlle uUttertpHf o» hiilnire de» iroublti arrivn h rogttitti.i

Eloqttncr, Furetière, parlant de la reine Eloquence, dit :

« Au milieu de ses troupes eelatoitla Reine avec tonte sa douceur et sa majesté , environnée d'un petit corps d'archers ou cheïsu- légers de se garde, commandai par des officiers de nouvelle création et qui servoient par quartier. Les uns se nom— moient BatUute» , les autres Enigme» , les autres Triolet» , tous pourvens & la nomination d'une dame appelée la Sodé, qui avoit depuis peu obtenu beaucoup de crédit auprès de la reine. ■

i. On se rappelle, dans le Poiti crotté, ces deux vers ; J'ij Ttu qu'un lannet icrotliche ,

x d'anagramme se trouve au-dessous du

3ao La Petarrade .

Et gui respond si bien au bout du vers , Soient ramenez aux yeux de l'univers;

Aattframaes pronostiques de gloire el de félicité & l'heureux régie du Irit-chrcsste» roy ie France et de Navarre Louis i3a, tirée es forme de discoure in mcié «nia de Sa Majesté, sans addin ou mutation aucune des lettres r

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, lire . efroicra le Tutu d.,j a deium .

l/Eufr.ie , Enfin lu M El Ml f.R

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AUX KONBEAUI. 3ll

Qu'en snitte d'eux il convient que l'epistre, Le lay pleurard , le virelay bellâtre *, L'énigme1 goffe * et l'emblème pédant.

Sur nostre esprit reprennent aseendtuit ; Qu'il faut enfin que le diantre on reroye , Que le rébus ses deux LL deeploye', Et qu'à son flanc le cocq-s-l'aene B aussi Ergottant tout vole et rechante icy.

Çà , faisons mieux , barbotons les paroles Que la magie enseigne en ses escoies ; Traçons un cerne et prononçons tout bas : Morric , morruc , tarrabin , tarrabas ; Qu'à ces grands mots , horreur des cimetières , Sortent en chats grondans par les goutieres

i. On trouva peu de lais et de virelais parmi les modernes. Dans nos anciens poète* même, « l'usage est si rare de ces deux sortes de poèmes , qu'il y a fort peu de personnes qui le cognoissent a, dit?. Delaudun d'Aigaliers (Art pocl., s, i5); et, après avoir ajouté : « (Je) se trouve pas qu'aucun des bons poètes s'y soit amusé a, il cite un virelaj de lui-même et un lay d'Alain Chartier.

9. On a de l'abbé Cotin un ftteutil des t*ifnet de ci temps, Paris, Loyson, 1661, 3 parties, in-n. — Ou voit par la la vogue do genre : Boileau lui-même y a sacrifié.

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