Ici l'exemple suit de près le précepte
6. « Le cocq-a-1'ssne, dit d'Aigaliers, est un poème qui est fort différent en propos , comme son nom le porte ; car, ainsi comme il y a une grande différence d'un coq a un asne, aussi y a-il grande différence de parler d'un prince et d'un ours , et ainsi d'autres. Le sujet du eoq-è-1'asne est la reprehension des vices des hommes. Les coq-à-l'asue des Latins sont les satyres comme de Horace, Juvenal, Perse... On le fait de toutes sortes devers. » — D'Aigaliers écrivoit ce passage en 1597. Vingt ans plus tard, il aurait eu un François, Régnier, s ajoutas aux
3aa La Petarbadb
Sons la faveur du bon maistre AsUrot , Chartier1, Crétin*. Siint-Gelais et Marot»; Qne Des- Accorde4, en de menues fourrures, Rapporte au jour les plattes Bigarrures , Avec Fauche t * , en vain laborieux ,
i. Alain Chartier, poète du XV* siècle , fat secrétaire de ' Charles Vil. Ses «htm en prose et.en vers ferment un toI. imprimé en iSsg h Paris, in-8, chez Galiot-Dupré. Onconnott l'histoire du baiser que lui donna sur la bouche , pendant sou sommeil , Marguerite d'Ecosse , femme du Dauphin , depuis Louis XI. « Madame , lui dit-on, cela est trouvé estrange que tous avei baisé homme si laid, h Elle répondit : a Je n'aj pas baisé l'homme, mais la bouche de laquelle sont jssns tant d'excellens propos, matières graves et parolles élégantes. • Bill. te Du Veriier. — Cf. Brantôme et G. Corrotet.
s. C. Crétin rrioit vers l'an 1S00. Il était chantre de la Sainte-Chapelle de Paria et trésorier du bois de Yinoonnas. Il fut, dit Du Verdier, n le meilleur poète fraaçois qui ait esté devant lu; (j'entens en cest ancien genre d'eserire) , a composé plusieurs opuscules en rime assez fluide, el qui veeede gneres h celle de Harot, lequel loi baille le titre de souverain poète traneois. > BiM. ée fis Veriier.
3. Saint-Gelais (Oetavien ou Mellin) et Harot sont connus (XVI« siècle?.
£. Etienne Tabouret, avocat an parlement de Dijon, fit pa— roltrea Paris, in-16, i5as, ses Bigamrei, sous le nom du seigneur des Accords. Les 11 chapitres de eel outrage traitent, entre autres, des rébus de Picardie, des équivoques, des anagrammes, des p&roatemes ou vers lettrisés, etc.
6. Claude Kauchet, président en la Cour des monaoies h Paris, a laissé nu Recueil i'anliqaitti gaahiset et françotete, Paris, in-4, 1^79, où se trouve un précieux Rcctiil dt l'origine te la tangue et taèiie Praneoiie», rgme et Tomate ; plu* lu sotne et lammalree iee murret deCXXVII pottr* frentoit vivant avant Cm MCCC. On lui doit aussi une traduction de Tacite (moins les 4 premiers livres , qui ont été traduits par Est. -le la Planche), Paris, L'Angelier, i58a.
AtJX RONOBAUX.
Et l'advocat sottement curieux * :
Mille secrets nous en pourrons apprendre ; Ils nous diront comment il s'y font prendre Pour fagotter quelque gentil rondeau , Qui desargonue et Victor et lîrodeau.
Hais sans besoin ce charme je propose , Puisque, la grâce à la metempsicose , On les voit tous ayant la plume en main : Gilles, Le Blanc, Du-Lot1 et Vieux-Germain3.
L'AVÀHT-SATIRE.
CAPRICE
r pollon, qu'esta» cy ? qu'a ton fait à Pegazeî 3 Au diantre l'animal 1 Lu y qui, plus doux qu'un J Se laissoit autrefois librement affourcher,[aze*, (Qui d'aise hennissoit me sentant approcher, Comme un de ses parens alors qu'il sent l'avoine, Ou comme auprez d'Ali» hennit un maistre Antoine, Ronfle , bat le pavé, ne me peut plus souffrir ,
i. L'admet curlevi parolt désigner Est. Pasquier, avocat du roi, l'auiein- des Recierekei te ta France.
». Ce poêle royal el arckiépiicopal, comme il ï'appeloit, a mis eu vogue lea bonts-rimea. Il étoit fou. Sarasin a écrit ul charmant poème : Datât ctttnc* , «a la Dtftile des botU-rtaéi. — Dans l'Avaat-Satvre, Saint-Amant a forgé le verbe iulotiur.
S. C'est évidemment Neuf-Germain , le poète Mttroellte àt Mtmteignair {rire unique du rai. — Il a été célébré par Voiture, qui a imité ses vers, dont les rimes étoient formées par les syllabes du nom des personnes qu'il ehantoit. Voy. aussi Tallemant des Réaux. — Son portrait, in-4 et en pied, a été gravé par Brebiette. (Tallemant des Réaux, IV, n3.)