BACHIQUES
Je seray tousjoura assez fort , Pourvoi! qu'on m'esquipp* d'un Terre Plein de muscat jusquea au bort.
Que de l'empire du lion1 Se desmembre la Calalongne ; Que sa chaude rébellion Taille à Guzman delà besongne; Que tout le monde s'entre-congne , Je croiray que tout vive en pais , Pourveuqueje vive enyvrongne, Et que Mars dorme où je repais.
Qu'au seul nom du brave Harcourt L'Espagnol de peur se concilie ; Qu'il pousse ou retienne tout court Les vains pas de sa monarchie ; Qu'il gémisse à teste fleschie , Ha couppe en rira de bon cœur, Pourveu qu'elle soît enrichie De la précieuse liqueur.
subir la prison que payer une taxe illégale de 10 shellings , et des tentatives de l'évêque d'Edimbourg pour introduire en Ecosse la liturgie anglicane , les Lcoisois «. jurèrent an »m- ■ml par lequel ils s'engageoient a défendre centre tout péril le souverain, la religion, les lois et les libertés du pays. Des messagers, qui se relevoient de village en village, le portèrent dans les lieux les pins reculés du pays. Les coreion/s™, cou- ■ tinueri. Michtlet (Precit 4'hat. »od.}, reçurent des armes et de l'argent du cardinal de Richelieu, et, l'armée anglaise ayant refusé de combattre ses frire* , le roi fat obligé de se mettre a la discrétion d'un cinquième parlement, a Ce fut lé Josj parlement (1640).
1. C'est à la demande des Catalans eui-mémes, qui l'avaient demandé au roi par l'intermédiaire du comte d'Espensn , gouverneur de Leucate, que la Catalogne lut réunie à la France. (Voy. Aubéry, HUI. dm tard, de Ilkheltiit.)
i8 Les Pocrveos
Que Banier, bien ou mal miray ' , Expose tout à l'avanture; Qu'à ce coup Picolominy Soit défiait à plalte couture ; Qu'il demeure en bonne posture , Il ne m 'importe nullement, Pourveu qu'il plaise à la nature Que je boive éternellement.
Que le Soudart de Fernambouc1 Se rende maiatre de la baye ; Qu'il la ravage mieux qu'un bouc Ne fait les tendrons d'une haye; Que par tout l'on chante dandaye 3, Je ne m'en estonneray point, Pourveu que dans une humeur gaye Je me rembourre le pourpoint.
Que du faux oracle d'Arraa * Madrid à la Flandres se pleigne ;
i. Banier commandoit les troupes suédoises pendant la période suédoise de la guerre de Trente-Ans. 11 passa en Tiinringeen iG^o pour joindre les Veimarois, Heesiero, François. Piecolomini, lieutenant de l'archiduc Leopold, fut battu, (Voj. Pariral, Mit. de ce siècle de fer, p. 3j5.)
i. La capitainerie de Fernambouc ou Pemamboue, capitale Olinde ou Pernanibouc , étoit sittiée dans le Brésil et arrosée par le fleuve Saint-François. — Au sud étoit la capitainerie de la Baye, capitale San-Salvador, arrosée par le Bio-Reale. (Voy. Guenderille, Allât Mat., t. 6, in-folio.)
3. Refrain très commun dans les chansons du temps : daye dandaye, taire lanlaire, etc.
4. Sur les portes d'Arras on lisoit ces deux vers , que nos succès vinrent démentir :
Quand les Frantofa prendront Ama,
BACHIQUES. 3ig
Que devant nos diables de ras Ses matou* quittent son enseigne; Que mes me nos souris on craigne , J'en escriray le bel effet, Pourveu que ma plume se teigne Dans l'encre rouge d'un buffet.
Qu'on épouvante les aisez * Du rude mot de subsistance ;
Voici, d'ailleurs, un passage d'AuMry, dans sa Vit du, cari, it Richelieu, qui explique cette allusion : a Quelques minées auparavant , dans un bourg de la province , il fut vérifié par le rapport de tons les habitants au lien qu'une chatte avait rendu office de mère, ou au moins de nourrice, a. des souris qui ne faisaient que de naistre, et qu'oubliant ainsi son instinct naturel, elle n'aioit pas dénié lises conlrairesle plus grand secours qu'elle leur pouvoit donner. »
1. Deux ordonnances, datées l'une du »4 octobre 1640, l'autre de novembre, expliquent ces deux vers de Saint-Amant :
14 octobre i64o. — Déclaration farinât tue Mu les btneflctert il France paya*/ decimet payeront untixiintt il il râleur de leur rercnn par chacune Alt deux mtéei, preteate et prochaine ; il, ce IW11M, teronl déchargez it fournir déclaration de leurs lient , pour raison it irell d'amoriittetnent par eux dû.
Novembre 1640. — Edit partant retocallndet amilititmmlt accorda iepuit trente ans , tnttmili ici pritUeait et exemption/ te taUie dtb oflUlen cemmtmsnx di la maieon de Sa Uajetli , cl autre» fentralemeul quelconque! :
« Louis, etc.;— Nous avons usai de connoissance des grandes charges que supporte notre pauvre peuple, tant du principal que de la taille, crues j Jointes, crues de garnisons, subsistances de nos troupes pendant le quartier d'hiver, qu'autres impositions extraordinaires, ensemble les logements ds nosdites troupes , et que le faix d'icelles charges est uniquement porte par les plus foibles; que les plus puissants de nos sujets, lesquels ont le plus d'intérêt a la conservation de notre Etat, leurs personnes, charges, offices et biens en faisant parlie, sont ceux qui contribuent le moins aux charges d'iceluj,
33o Les Potjrveus
Que nos trésors soient épuisez Pour des affaires d'importance ; Qu'on rongne aux moines la pitance ', J'en nommeray l'arrest divin , Fourveu qu'à la noble assistance L'on ne retranche point le vin.
Qu'en Portugal un nouvean Jean' Chastre le sceptre de Philippe; Que la Seine domte en un an
le* uns s'en exemptant par Ici privilèges H concessions attribues à leurs charges et offlcns, les autres ayans obtenu de nous des lettres de noblesse, sans nous avoir rendu, depuis l 'obtention d'icelles, aucun service... ; d'où vient que, sur les impositions de nos tailles, crues et subsistances..., il arrive tant 3e non-valeurs..., ce qui n'arriveroit ti tau les carpe ie notre Etat forloient irlo» lettre ferai let charge* 4'iceiul...
« A quoi voulant pourvoir et faire contribuer tau un mjiU /intiment euxdittt dureee, comme étant les seuls moyens certains et assures pour la subsistance de nostredit Etat et soulagement de nos sujets...
g A ces causes, nous avons, parce présent eiit, perpétuel tt irrévocable, dit, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons..., etc. » — Louis XIII, ou le voit, entrait en pleine révolution : la suppression des privilèges, l'égalité perpétuelle et irrévocable des charges. — 1789 n'est pas allé plus loin, sinon en fait.
1. « Le cardinal de Richelieu eut, avant de mourir, la satisfaction de voir la pluspart de ses abbajes dans la reforme... ayant mandé ses intentions la-dessus a chaque couvent dans les termes les plus exprès qu'il put: oLedesir que j'avd* purger toutes mes abbayes des désordres et licences qui s'y sont glissés... > m'a porté à. « y établir les pares religieux reformes. ■ (lubéry, Mit. du cari, de Richelieu.)
9. Les Portugais, après l'échec des Espagnols a Arras, se révoltèrent , et prirent pour roi Jean de Bragance, sans aucune effusion de sang. — On voit combien fut par la ch&lré, comme dit Saint- Amant, le sceptre de Philippe IV.
C.OO^IC
BACHIftOES. 33l
Le Rhin ,1e Necar ella Lippe; Que le lis morgue la tnlippe*, J'en sifflera? la gloire aux deux, Pourveu que je trempe ma lippe Dans cejus qui rit à mes jeux.
Que le barreau reçoive ou non1 Les reigles de l'Académie ; Que, sur un verbe ou sur uu nom, Elle jaze une heure et demie; Qu'on berne adonc, ear et m' amie, Nui ne s'en doit estomaquer, Pourveu qu'on sauve d'infamie Crevaitlt, piot et chmquer.
i . Le Lis de France , la Tulipe de Hollande.
i. Saint- Amant, élu parmi les premiers membres de l'Académie, s'occupoit asseï peu des travaux de la société. Pour se dispenser du discours que devoit chaque académicien , il avoit promis de recueillir tous les mots grotesques, comme on disoit alors, ou burlesques, comme on dit depuis. Ainsi essayoit-il de sauver d'infamie cretallle, fiai et aànqurr. Comme l'Académie devoit s'occuper de faire un dictionnaire , elle avoit souvent de ces sortes de discussions, qui retardoient l'achèvement de I'omvre et fcisoient dire a Bois-Robert :
S'il m'iioil dit: Tu Timijniqu'uiO.
Les mots anciens, si ardemment détendus par HUt de Gournay,
tels que admc , poureê fis, iïnututt, etc., sembloioul devoir attirer les foudres de l'Académie ; et , eu effet , Gombet-ville le puriste préteudoit n'avoir jamais employé car. On accusait la docte compagnie de les proscrire. Mais i'eliissoa affirme qu'elle ne craignoit pas de les employer, et cite des exemples tirés du JxftatnS de l'Académie »»r le Cid. Les académiciens eu particulier étaient plus sévères que réunis eu corps. 11 faut lire, à ce sujet', de curieux passages de ta RtquiUJei tietimnalrei de Ménage, et, dans Saint-Evremom, la comédie des Acoitmitttt, que l'on a attribuée même a Saint-Amant.
33a Les Pourtkus
Qu'un tarif, maintesfois changé1, Mette au rouet l'arithmétique; Qu'un artisan presque enragé En renasque dans sa boutique ; Que cent nouveauté* on pratique.
J'en gauBseray les ma] -contens , Pourveu qu'à la façon antique Chacun de nous hausse le tons.
Qu'un superbe et gros maltotier Erige en palais ses rapines ; Que son jeune fou d'héritier S'abandonne aux garces poupines; Qu'il en ressente les espines, J'auray des roses à souhait , Pourveu qu'à l'ombre des chopines Je me trouve sain et de-hait.
Qu'un endebté , qu'un criminel , Trompe une barrière en sa chaise; Qu'un autre , en plein jour solennel , S'y coule chez dame Gervaise; Qu'un autre y dandine ii son aise , Je trouvera; cela fort bon , Pourveu qu'en celle-ci j'appaise Ha soif qui naisl de ce jambon.
i. En i84o, en effet, les piaules eu louis d'or furent augmentés de 90 sols, ce qui est de dix pour cent. L'ordonnance fumeuse de 1640 donna un tarif de l'or et de l'argent, qu'on trouve expliqué k la suite du Traité ict montuiytt de Boizard (Paris, 1714, » vol. in-n), dans nu chapitre anonyme , mais qui est de Hindret de Beaulieu , inspecteur général des monnoies : Traité pour CHutnellm du directes™ il ta ouvrière det mautoyet it Franc»... p. 7-9.
a. Peut-être Saint-Amont fait— il allusion ici aux maisons bâties par Gorge ou Moaléron, ou autres héros dat Caqntts 4i ' e. (Voj. Ciii'i eu de l'Accetchée, Bibl, elwi.,ptutm.)
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