BACHIQUES
Que nos cocqs, sur l'aigle acharnez , Excitent les chants de dos cygnes ; Que nos princes déterminez Aient fait rage au combat des lignes ' ; Que de mes vers leurs noms soient dignes , Je trouveray cela fort beau, Pourveu que Dieu garde nos vignes De la gresle du renouveau.
Que nos petits oisons de cour Usent de fausses railleries ; Qu'ils soient ineptes en amour Et sols en leurs galanteries ; Qu'ils ayment les friponneries , Je les tiendray pour gens bien nez, Pourveu que dans nos beuveries lis ne fourrent jamais le nez.
Qu'à leur bonté nos demv-dieux Ne fassent rien pour ma fortune ; Que je tracasse, pauvre et vieux.
Ou sur Cibelle ou sur Neptune ;
Qu'un dur créancier m'importune,
Je n'en auray point de soucy,
Pourveu que je trinque et petune
Avec les droales que voicy.
Que Lysidor soit obsédé*
Du démon de l'inquiétude;
Qu'ayant plus qu'un Paule raudé,
11 s'obstine en cet» habitude- :
i. ACaiat.
a. Cette staneeet la dernière n'ont paru que dans la 4* partie, avec telle indication : « deux couplets a insérer dans les l'ourviu! ttckiquci, dont le premier doit eslremis devant la dernier et le second après pour en estre le dernier. »
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334 Le Cidre.
Qu'il joigne la guerre à l'estude , Je trouveray cela fort bien, Pourveu qu'exempt de servitude Je frippe et hume tout mon bien.
Je n'aspire plus aux lauriers Qu'on cueille au bout d'une conqueete; Bren de ces preux avanturiers Qui dans le choq se font de teste ; Que cent palmes on leur appreste , Je m'en raocque à gozier ouvert , Pourveu qu'on m'honore la teste D'un bouchon fait de pampre vert.
Que l'on me parle d'aller voir Balets , tableaux , filles de joy e ; Que de livres pleins de sçavoir Les rares présents on m'octroye ; Que le Cours ses grâces déployé , Je tiendray cela pour veu , Pourveu qu'à table je me voye De vin d'Espagne bien pourveu.
LE CIDHE.
A Monsieur le comte «a Bbiohhe1.
CAPRICE
WjfiSfij omle, puis qu'en la Normandie B^O Pomone fait honte à Bacchus , û«^( El qu'en cotte glace arondie •*■«* Brille une lumière esbaudie De la couleur de nos escus :
i. Gentilhomme normand. 11 faut lire Briosne. Cet a:
Le Cidre.
Chantons, A la table où nom sommes, A la table où la roy des hommes
Nous traitte en chers et francs voisins , Que le jus délicat des pommes
Surpasse le jus des raisins.
Mon cœur, mon poulmon et mon foye , A ion esclat sautent de joye, Et tous les soins en sont chassez :
C'est le doux honneur de septembre ; Il m'attire dans cette chambre Par une secrette vertu.
Et mon corps auprès de cet ambre S'esmeut et passe pour festu.
Je ne me puis lasser d'en boire; Ma soir renaist.eo s'; noyant ; Su muscat je pers la mémoire , Et mou œil est comblé de gloire De le voir ainsi flamboyant.
Qu'il est frais ! qu'il est délectable ! De moy, je tiens pour véritable, Lors que j'en trinque une santé , Que le seul cidre est l'or potable Que l'alchymie a tant vanté.
Page , remply-moy ce grand verre , Fourby de Feuilles de figuier, Afin que d'un son de tonnerre Je m'escrie à toute la terre :
Masse à l'honneur du grand Siocin!
Saint-Amant était cousin du baron de Melaj, i qui Saint- Àmant dédie la pièce suinnte. Leramited'Hsrcourt porta aussi la titre de comte daBrionue.
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336 Le Cidre.
Jeté révère, je l'admire; Il m'a Tait avec de la cire Une fortune de cristal1, Que je feray briller et lire Sur le marbre et sur le mêlai.
C'est par luy que dans ma province On voit refleurir depuis peu Cet illustre et bel art de prince Dont la matière fresle et mince Est le plus noble effort du feu; Cest par luy que de sable et d'herbe.
Dessus les champs bruslée en gerbe, Des miracles se font chez moy , Et que maint ouvrage superbe Y prétend aux lèvres d'un roy.
Que d'industrie et de vitesse, Quand, animé d'un souffle humain, Un prodige en délicatesse S'enfle et se forme avec justesse Sous l'excellence d'une main !
Que de plaisir quand on le roue, Quand un bras desnoué s'en joue, Soit dans Venize ou dans l'Altaï'!
Et que d'ardeur mon ame advoue Pour ce vase où rit ce nectar !-
Hais cependant que je m'amuse A caqueter de la façon, Je ne voy pas que je m'abuse, Que mon goust de longueur m'accuse, Et que je fasche l'esnhanson.
i. Saint-Amant avoit obtenu du chancelier Séguier le privilège d'une verrerie, et cette verrerie, au temps du comte de Boni aim illiera, étoil encore d'une grande importance.
Le Cidre. 33;
Baillo-moy, baille-moy la «nippe; Or, sus donc, vertueuse trouppe !
Que d'un toppe gay, pront et clair, On fonde, on perce, on entre-couppo Toutes les régions de l'air!
Ha ! que ce bruit m'est agréable !
Voila respondu comme il faut; J'en esprouve une aise incroyable, Et nostre desbauche est louable D'esclater pour un nom si haut.
Aux grâces qu'on désire en elle , La retenue est criminelle; La froideur offence Themis.
Bref, pour la rendra solennelle, L'excez mesme nous est permis.
0 mon cher ! o mon rare Conte Dont les vertus charment nos cœurs, Que dois-je dire, au bout du conte?
On ne peut faire assez de conte De cette reine des liqueurs.
Elle est aut muses consacrée, Elle est douce, elle me recrée Hieux que la 6gue on l'abricot, Et la Ni mphe la plus sucrée Pourroit estre de nostre escot.
C.OO^IC
A Moniteur le baron ne Melat*,
gouverneur du Chaetwu-Trwnpetle-*, à Bordeaux.
BS88B raid ctaastelain de qui la preud'homîe s ITÎkm ^lc'le au 'os tIla haute chalemie , «jÉnTï Amy sans fanH, cher et noble Mklây,
Ny te dépeindre, avecque des fleurettes, D'un vieux ribaut les tendres amourettes, D'un jeune fou l'agréable langueur, Ny d'un bel œil l'innocente rigueur.
Ha Melpomene, en verre sans pareille, Ne veut non plus lanterner ton oreille De graves traits, de sublimes discours, De la morale utile à mon secours.
Des elemens, de leur paisible guerre, Du bransle rond qu'avec nous fait la terre, Du fini marin, des orbes empennez ,
i. On remarquera que cette épltre est écrite en vieil* Inn- «»ge- -
a. Le baron de Mêlai, ami de Saint-Amant, avoit été le Silène du comte d'Harcirart, selon Saint- Amant lui-même.
3. Cette forteresse éloït k l'entrée du quai et commandoit le port. C'étoit une citadelle ancienne qui datoit de 1454. Vauban la réparti et l'augmenta. 11 j avoit un élst-major de place.
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Des noirs poireaux qu'on leur voit sur le nez, Si l'on en croit dos derniers télescopes, De leurs aspects, de leurs tristes sincopes. De leur pouvoir sur un moment natal, Des biens certains, de l'arbitre fatal, Des faux honneurs, du benest qui s'y fie, Des lois, des arts, de la géografie, Ny du mestier où les durs matelots Par les Tritons sont bernez sur les flots, Qui , leur servant de castelongne bleue Pour s'eu jouer à trémoussante queue, Servent aussi, selon nos beaux ■abboa.
De courte-pointe au grand lit de Pbebus.
Point je ne t'offre, en de funestes carmes Rudes conflits, effroyables vacarmes.
Sièges, estours ', meurtres, ny horions Drù descochez sur tests * à morions, Quand de Henrt * l'intrépide «Jumelle Brillant dans l'air en foudre qui grommelle Bosse, chamaille, et pourfend jusqu'aux dents Soudarts et chefs au choq les plus ardents: Tesmoin les coups qu'en Sainte Marguerite Ce branc * d'acier, qui des vertus hérite De Durandal, et de Flamberge " encor Par des exploits digne de vivre en or.
i. Choc, combat, attaque.
9. TStes a casques. — Le lai étoit la partie chevelue de la tète ; l'autre partie , c'est la lace. — Le motion , c'étoi t le casque, le pot, comme dit Furetïère, dont les fantassins se coutroient la tète ; les cavaliers aroient le Jwww.