SOMMET
a nuit dernière , avant la pance pleine a Du bon piot que j'ay tousjours chery, g Sur mon gousset on a fait la soury , S Le désenflant de sa gloire mondaine.
Cette action cauteleuse et vilaine De mon trésor le fonds jaune a tary , Et le beau lustre en est si desQeury Que mon pauvre œil le reconnoist à peine. Il est bien vray que j'en tenois un peu; Et que , pour m'estre eschauffé sur le jeu , Je suis au bout de ma philosophie.
Dieux , qui voyez qu'on m'escroque en dormant , Auquel de vous faudra- t'il qu'on se fie , Puis que fiacchua a traby Saint-Amant?
AUTRE SONNET Sur le marne vol.
gtMÊUft) e n'ay m oia gueres l'Angleterre , jrjîfâà fui Hais je l'ayme aujourd'huy bien me mal jg5 Et voudrais voir en lous ses coina i^^SÏ Luire le flambeau de la guerre.
C'est un vraypays àcatherre; Le ciel n'y pleut que sur des Foins , Et les plus agréables groins Y rottent à l'ombre du verre.
Ce n'est pas que je bois fasché D'y voir le beau sexe entaché Du vice de l'y vrongnerie ;
Hais c'est que j'enrage en mon cœur D'y trouver ma bourse tarie Pour avoir pris trop de liqueur.
LE BARBEROT,
CAPRICE*
ëÇJ^iS* ay mis aujourd'hui ma vie
BX| 13 Et j'ai cru plus de cent fois
Eq2s!& Qu'elle alloit m'est re ravie.
Un barbe rot maladroit ,
Me charcutant par l'endroit
Où s'entonne le breuvage ,
Vers l'onde au morne rivage
M'a presque envoyé tout droit.
Jamais horrible fan tosrne Ne me donna tant d'effrov ; Jamais aucun tant que moy Ne s'en dut plaindre à saint Cosme.
Ce tiercelet d'assassin , Propre comme un marcassin Qui parmy l'ordure grongne, À fait, pour laver ma trongne, D'un pot de chambre un bassin
Sans estaler eu bel ordre Bons peignes, ni bons ciseaui ,
i. Cette pièce et les déni sonnets précédents furent hits « Angleterre, l'an 164s, lorsque Monseigneur le comte de Harconrt y étoit en ambassade eitraordinaire. (S.-A.)
Le Barberot.
Mon roy des vilains museaux A l'ouvrage a voulu mordre.
Un vieux bâillon de mouchoir, Fidèle amy du tranchoir, Et tout tacheté de sausses , J)aus la fente de mes chausseï La lessive a laissé choir.
La puante savonnette Dont le ladre m'a servy Me honnisBoit à l'envy De l'eau qui n'estait point nette.
Ses doigts, qui m'ont fagotté, Surpassoyeut en aspreté Ceux d'un meneur de charrue , Et mainte noire verrue En relevoit la beauté.
Quiconque a veu la peinture D'un singe qui razeunchat Peutavecques du crachat Nous peindre en cette posture.
Mes petits yeux, estonnez.
Par des regars contournez Lorgnoyent mon tondeur de laine , Et le musc de son baleine Me faisoit tordre le nez.
D'une jam bette esbrecbée, Comme d'un vil Jean-Flactin, Ce faux et sale mastin M'a la gorge de -hachée.
En ce moment, j'avois beau Jurer sur un escabeau Dont l'assiette estait desjointe , 11 poussoit tousjours sa pointe , Et doit de mon tout beau.
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8 Le Barberot.
Hais s'a bien esté le pire Quand ce Précontat d'enfer A fait approcher le fer Des trous par où je respire :
Mes moustaches au poil vieui Le disent à tous les feux D'une façon misérable , Et leur orgueil vénérable Ne menace plus les cieui.
Las ! elles s'en vont en poudre Dès que j'y porte les doigts.
Et sentent comme autrefois Phlegre sentit sous la foudre; Les bigottes* des mutins.
Aux Sers membres gigantins, Qui grillèrent dessus l'herbe , En leur dessein trop superbe Eurent les mesmca destins.
Quand fe voy mon pauvre garbe* Si maternent accoustrë, Je voudrois estre cbastré , Et donne au diantre la barbe ; Je dis que nature a tort Se m 'avoir chargé si fort De cette bourre inutile , Et clabaude en piètre atile Des humains et de leur sort.
Courage! il faut que j'imite Neuf-Germain * par le menton , Laissant croistre ce coton
3.« NeuHJennain, pauvre hère de poète, depuis long-temps perle une grande barbasse. » Un jour, je ne sais quel filou bri I
Le Barberot.
Comme ferait un hermite ; 11 faul que doresnavant Il m'ombrage le devant
Et me vienne jusqu'aux cuisses, Afin que pârmy les Suisses
470 Epigrammbs.
La tristesse m'a vaincu , le ne fay plus rien que geindre , Et, pour m achever (le peindre, Un fronde me vient Mi eu.
EPIGBAHHE A PHILIS. I
5Ô&&g3M i je fu j tes beaux yeux, c'est avecqaes raison ; fgkjNsflf Mes jours entrent desja dans l'infirme saison SSraS^VfiO" lïiomme pour l'amour n'a plus rieu d'estiml* ^RvSeSEd 'ain donc, 0 Phïlia 1 tu meveui enflamer: Car, comme il faut aymer tant que l'on est aymable , Quand on n'est plus aymable il ne faut plus aymer.
EPIGRAM.UE
Sur un eterivain de Gascogne.
m e petit fanfaron à l'œillade esebapée,
\ Qui fait le grand au theur et n'est qu'un animai, g Dit qu'il trenohe sa plume avecques son espée: ) Je ne m'eslonne pas s'il en escrit si mal.
EPIGRAMHE
Sur le cher Thibsis esborgtul.
% birsis, après sa perte amen,
£ Doit bien garder l'autre œil d'un autre coup fête'
b II ne serait plus qu'un Homère ,
K Au lieu qu'en le gardant il est un Appolon.
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Epigxaumbs.
EPIGRAHME
Sur une tervanle.
■SSjSS our me servir boire et manger, BB Je n'ay qu'une souillon plus laide que le diable; EjEfi J'ay tous jours amesyeuz cet objet effroyable, MWWt Et) ce qui me fait enrager, C'est qu'elle est bonne et serviable , Et qu'elle pense m'oblige r.
EPIGRAHME.
gajtttBiffn sot railleur à teste grise /* fiwllKMe demandoit, chés Alcindor, mL^KB Si les cornes de mon Moyse jf^^SS Je n'avois point faites encor. Non , mais j'en ay fait beaucoup d'autres , Luy dU-je, sans conter les rostres.
EPIGRAHME
£3â£}9* n dit de l'affaire du temps :
¥ fi»lffl ^"* neel P*3 cûoore meure ;
Ss^S<mf De jour en jour et d'heure en heure. Ha crainte ne se peut guérir, Quelque espoir dont on la nourrisse , Et j'ay peur que tout ne pourrisse Auparavant que de meurir.