‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 107 sur 301 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

FORD. —Ah! je lui en donnerai du babil. Hors de chez moi, sorcière. (// le bat,) Vieux graillon, coquine, drôlesse, salope que vous êtes. Ah I je vous conjurerai, moi, je je vous dirai la bonne aventure.

(Falstaff sort.)

MisTRiss PAGE. — N'avez-vous pas de honte? Je crois, en vérité que vous avez tué cette pauvre femme.

MISTRISS FORD. — Vraiment, cela pourrait bien être, — Cela vous fera honneur.

FORD.— Je voudrais qu'elle fût pendue, la sorcière.

EVANS. — A vrai dire, je crois bien que la femme est une sorcière. Je n'aime pas qu'une femme ait une grande barbe, et j'ai vu une grande barbe sous son masque.

FORD. — Messieurs, voulez-vous me suivre ? Je vous en conjure, suivez-moi; vous serez témoins du résultat de mes soupçons. Si je ne fais pas lever une pièce, ne me croyez plus quand j'aboierai.

PAGE. — Allons, prêtons-nous encore à sa fantaisie. Venez, messieurs.

(Page, Ford, Shallow et Evans sortent.)

MISTRISS PAGE. — Jc VOUS répouds qu'il a été pitoyablement arrangé.

MISTRISS FORD. — Ditcs douc impitoyablement.

MISTRISS PAGE. — J'opinc pour que le bâton soit béni et suspendu sur l'autel : il a servi aune action méritoire.

MISTRISS FORD. — Pcusez-vous qu'autorlsécs comme nous le sommes par notre dignité de femmes et le témoignage d'une bonne conscience, nous puissions pousser plus loin notre vengeance ?

MISTRISS PAGE. — Je crois bien que l'esprit de libertinage doit avoir reçu son compte, et qu'à moins de s'être engagé au diable par dits et dédits -, il ne songera plus à attenter à notre honneur.

MISTRISS FORD. — Dirous-nous à nos maris les tours que nous lui avons joués?

MISTRISS PAGE, — Certainement, ne fût-ce que pour ôter de l'esprit du vôtre les fantaisies qu'il y a mises. S'ils

* In fee simple, with fine and recovery .

jugent dans leur sagesse que ce pauvre gros mauvais j

sujet de chevalier ne soit pas encore assez puni, nous j

continuerons d'être les ministres de la vengeance. i

MiSTRiss FORD.— Je VOUS garantis qu'ils voudront lui en '

faire publiquement la honte. Quant à moi, je pense que la raillerie ne serait pas complète si on ne la terminait par un affront public.

MISTRISS PAGE. — AUons donc tout de suite mettre les fers au feu, et ne laissons rien refroidir.

(Elles sortent.) \

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