‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 113 sur 301 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

jusqu'à ce que je fusse aplati comme une poire tapée. Je n'ai jamais prospéré depuis le jour où je trichai à la prime.— Oui, si j'avais Thaleine assez longue pour dire mes prières, je ferais pénitence.

(Entre Quickly. )

FALSTAFF. —Ah I VOUS voilà? De quelle part venez-vous?

QUICKLY. — De la part de toutes deux, ma foi.

FALSTAFF. — Que le diable prenne Tune, et sa femme l'autre : elles seront toutes deux bien pourvues. J'ai plus souffert pour l'amour d'elles, que la malheureuse inconstance du cœur de l'homme ne me permet de supporter.

QUICKLY. — Et n'ont-elles rien souffert? Si fait, je vous en réponds. L'une d'elles surtout, mistriss Ford, la bonne âme, est bleue et noire de coups, à ce qu'on ne lui voie pas une place blanche sur tout le corps.

FALSTAFF.— Que me parles- tu de bleu et de noir? J'en ai, moi, de toutes les couleurs de Tarc-en-ciel à force d'avoir été battu. J'ai risqué même d'être appréhendé au corps pour la sorcière de Brentford. Sans l'adresse admirable avec laquelle j'ai su prendre tout à fait les manières d'une simple vieille, ce gredin de constable me faisait mettre aux ceps comme sorcière, aux ceps de la canaille.

QUICKLY. — Permettez, sir John, que je vous parle dans votre chambre; vous apprendrez comment vont les affaires, et je vous réponds que vous n'en serez pas mécontent : voici une lettre qui vous en dira quelque chose. Pauvres gens, que de peines pour vous ménager une rencontre ! Sûrement l'un de vous ne sert pas bien le ciel, puisque vous êtes si traversés.

FALSTAFF. — Moutcz dans ma chambre.

(Ils sortent.)

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