‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 150 sur 301 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Toujours en France. -* La tente du roi de France. Entrent LE ROI PHILIPPE, LOUIS. PANDOLPHE,mte.

PHILIPPE.— Ainsi, sur les flots, une bruyante tempête disperse une Armada entière de vaisseaux rassemblés, et les sépare les uns des autres.

PANDOLPHE.— Consolez-vous, reprenez courage, et tout ira bien encore.

PHILIPPE. — Et qui peut aller bien quand tout nous a tourné si mal? Ne sommes-nous pas battus? Angers n'estil pas perdu, Arthur prisonnier? Plusieurs amis très-chers n'ont-ils pas été tués? et en dépit de la France, l'Anglais tout sanglant n'est-il pas retourné en Angleterre, sur* montant tous les obstacles?

LOUIS. — Ce qu'il a conquis, il l'a fortifié. Il n'y a pas d'exemple d'une si ardente promptitude dirigée avec tant de sagesse, d'une conduite si prudente dans une guerre si impétueuse. Qui a jamais lu ou entendu le récit d'un exploit semblable?

PHILIPPE. — Je supporterais que l'Anglais eût obtenu cette gloire, si nous pouvions trouver quelque exemple de notre honte. (Entre Constance,) Kegardez ; qui vient ici? un tombeau renfermant une âme, retenant contre son gré l'immortel esprit dans l'odieuse prison d'une vie douloureuse. — Je vous en prie, madame, venez avec moi.

CONSTANCE. — Voyez, maintenant, voyez le résultat de votre paix.

PHILIPPE. — ^Patience, ma bonne dame. Courage, noble Constance.

CONSTANCE. — Non; je défle tout conseil, toute répara-

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