ACTE V, SOÈNE I
férieurs, qui, l'œil sur les grands, les prennent pour modèles de leur conduite, deviendront grands à votre exemple et revêtiront Tesprit intrépide du courage. Allons, brillez comme le dieu de la guerre quand il se prépare à tenir la plaine. Montrez- vous plein d'audace et d'une ambitieuse confiance. Quoi I faudra-t-il qu'ils viennent chercher le lion dans son antre, qu'ils viennent l'y effrayer, l'y faire trembler? Oh ! qu'on ne dise pas cela I Parcourez le pays, courez chercher le mécontentement hors de vos portes, et luttez avec lui avant de le laisser arriver si près.
LE ROI JEAN.— Le légat du pape vient de me quitter : je me suis heureusement réconcilié avec lui, et il m'a promis de congédier l'armée que commande le dauphin, LE BATARD.— Oh! traité houteux ! Quoi! lorsqu'une armée envahissant^ aborde dans notre pays, nous enverrons des paroles pacifiques, nous aurons recours aux compromis, aux insinuations, aux pourparlers, à de honteuses trêves? Un enfant sans barbe, un étourdi élevé dans la soie, viendra braver nos champs de bataille, et témoigner son courage sur ce sol belliqueux, insultant les airs de ses enseignes vainement déployées, et il ne trouvera aucune résistance ? Non : courons aux armes, mon prince. Peut-être que le cardinal ne pourra vous obtenir la paix; mais s'il l'obtient, qu'on puisse dire au moins qu'ils ont vu que nous avions l'intention de nous défendre.
LE ROI JEAN. — Eh bien! prenez la conduite de nos affaires actuelles.
LE BATARD. — AUous douc et courago. Je suis bien sûr que nous sommes encore en état de faire face à des ennemis plus terribles.
(Ils sortent.)
272 LE Hôi JËÀi).