ACTE li, SCÈNE I
NOnraûMôteRtAND. — ^Non, il n'est poiiit inévitable; à travers lés yeinx creusés de la mort même, je vois poindre la vie : ttiais je n'ose dire coinbien est proche là nouvelle dé lîdtre salut.
wiLLOUGHBY. — AUous, fais-nous part de tes pensées, comme nous te faisons part des nôtres.
ROSS. — Northumberland, parle avec confiance; tous trois nous ne faisons qu'un avec toi ; et en parlant, tes paroles demeurent comme des pensées. Sois donc saiiô crainte.
NORTHUMBERLAND. — Eh bien, alors, j*ai reçu avis de Port-le-Blanc (une baie de là Èretagne) que Henri Hereford, Reynold, lord Gobham, le fils de Richard comte d'Arundel*, échappé derhièremeht de che2 le duc d'Èxeter son frère, ci-devant archevêque de Gantorbéry ; sir Thomas Erpingham, sir John Ramston, sir John Norbery, sir Robert Waterton, et François Quoint, tous bien poûtvuô de munitions par le duc de Bretaglie, font fol-ce de voilés Vers l'Angleterre^ montés sur huit gros Tâissèatix avec troié mille hommes de guerre, et se prch posent d'aborder sous peu sur nos côtes septentrionales ; et peut-être y seraient-ils déjà, si ce il'est qiills attendent d'abord le départ du roi pour Tlrlânde. Si donc noufe voulons secouer le joug de la servitude, regarnir de plumes les âiies brisées de notre patrie languissante, racheter la couronne ternie à rusurier qui la tient en
* Thé son ofRichàrdy earl of Arunàeh
Ce vers, qui n*est point dans les anciennes éditions de Shakspeare, à été supplée {)ar ses coiiimentatetirs, attendu que ce comte d'Arundel, cité par HolUnshed dans la liste de ceui qui s'embarquèrent nvèc Bolingbrpke, et que Shakspeare lui â d'ailleurs empruntée, est le seul à qui puisse s'appliquer le vers sui* vant :
that late hro\e from the duké ofEâceter.
"Thonias, comte d'Arundel, doiit le père, Richard, avait été déi!a|)ité à la Tour, avait été mis, k ce qu'il paràii, en quelque sorte sous la sarveillaBce du du« d'Kxeter, de chez lequel il s'échappa pour joindre Bolingbroke : seulement il était n^veu, et non pas frère de Thomas Arundel, archevêque de CêniQ^^éry, privé de son siège par le pape k la demande du roi.
328 BICHARD II.
gage, essuyer la poussière qui couvre Tor de notre sceptre, et rendre à la royauté sa majesté naturelle, venez avec moi en toute hâte à Ravensburg. Si vous faiblissez, retenus parla crainte, restez ici, gardez notre secret, et moi j'y cours.
ROSS.— A cheval, à cheval ! Propose tes doutes à ceux qui ont peur.
w^iLLOUGHBY. — Si mou cheval résiste, j'y serai le premier.
(Ils sortent.)