‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 201 sur 301 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

aucune nouvelle du roi : en conséquence, nous allons nous disperser ; adieu.

SALisBURY. — Attends encore un jour, fidèle Gallois, le roi met toute sa confiance en toi.

LE CAPITAINE. — Ou cfoit lo lol moit. Nous ne resterons pas davantage : les lauriers dans nos campagnes se sont tous flétris ; des météores viennent effrayer les étoiles fixes du firmament; la pâle lune jette sur la terre une lueur sanglante , et des prophètes au visage hâve annoncent tout bas d'effrayants changements : les riches ont l'air triste, et les coquins dansent et sautent de joie, les uns dans la crainte de perdre ce qu'ils possèdent, les autres dans les espérances que leur offre la violence et la guerre. Ces signes présagent la mort ou la chute des rois. — Adieu: nos compatriotes sont partis et déjà loin, bien persuadés que leur roi Richard est mort.

<I1 sort.)

SALisBURY. — Ah I Richard, c'est avec une douleur profonde que je vois ta gloire , comme une étoile filante, s'abîmer du firmament sur la misérable terre. Ton soleil descend en pleurant vers Thumble couchant, annonçant les orages^ les maux et les troubles à venir. Tes amis ont fui et se sont joints à tes ennemis ; et le cours de tous les événements te devient contraire.

(Il sort.)

lesqueUes il avait compté. L'exécution de Green et de Bushy au commencement du troisième acte est le premier exercice de la puissance de Bolingbroke, destinée à aller dès ce moment toujours en croissant jusqu'à la fin de la pièce, mais qui s'annonce déjà tout entière dans cet acte de souveraineté. Elle perdrait ce caractère si la partie était encore incertaine, si l'on pouvait supposer qu'il reste encore à Richard les moyens de venger ses amis.

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