‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 225 sur 301 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

La scène est à Windsor. — Un appartement dans le château.

Entrent BOLINGBROKE en roi, PERCY et autres seigneurs.

BOLINGBROKE. — Pcrsoune ne peut-il me donner des nouvelles de mon débauché de fils? Il y a trois mois entiers que je ne l'ai vu. S'il est quelque fléau dont le ciel nous menace, c'est lui. Plût à Dieu, milords, qu'on pût le découvrir! Faites chercher à Londres, dans toutes les tavernes ; car on dit qu'il les hante journellement avec des compagnons sans mœurs et sans frein, de ceux-là

mêmes, dit-on, qui se tiennent dans des ruelles étroites, où ils battent notre garde et volent les passants! Et lui, jeune étourdi, jeune efféminé, il se fait un point d'honneur de soutenir cette bande dissolue !

PERCY. — Seigneur, il n'y a guère que deux jours que j'ai vu le prince, et je lui ai parlé des tournois qui se tiennent à Oxford.

BOLiNGBROKE.— Et qu'a répoudu ce galant ?

PERCY.— Sa réponse fut qu'il irait dans un mauvais lieu*, qu'il arracherait à la plus vile des créatures qui s'y trouveraient un de ses gants, qu'il le porterait comme ime faveur, et qu'avec ce gage il désarçonnerait le plus robuste agresseur.

BOLINGBROKE. — Aussi dissolu que téméraire : et cependant, au travers de tout cela, j'entrevois quelques étincelles d'espérance qu'un âge plus mûr pourra peut-être développer heureusement. — Mais qui vient à nous?

(Entre Aumerle.) AUMERLE. — Où est lo TOi ?

BOLINGBROKE. — Quo veut dire notre cousin avec cet air de trouble et d'effroi?

AUMERLE. — Que Diou garde Votre Grâce! Je conjure Votre Majesté de m'accorder un moment d'entretien j seul avec Votre Grâce.

BOLINGBROKE, aux lords. — Retirez-vous, et laissez-nous seuls ici. {Percy et les lords se retirent.) — Que nous veut maintenant notre cousin?

AUMERLE, s' agenouillant. — Que mes genoux restent pour toujours attachés à la terre, et ma langue fixée dans ma bouche à mon palais, si vous ne me pardonnez avant que je me relève ou que je parle.

BOLINGBROKE. — La faute n'est-elle que dans l'intention, ou déjà commise ? Dans le premier cas, quelque odieuse qu'elle puisse être, pour gagner ton amitié à l'avenir, je te pardonne.

AUMERLE. — Permettez-moi donc de tourner la clef, afin que personne n'entre jusqu'à ce que je vous aie tout dit»

* VmXo thè gteUti.

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