SCÈNE ?II
A Belmont.-*- Un appartement dans la maison de Portia.
Fanfare de cors. Entrent PORTIA, LE PRINCE DE MAROC et leurs suites.
PORTU. — Allons, tirez les rideaux, et découvrez les coffres à ce noble prince. Maintenant choisissez.
LE PRINCE DE MAROC. — Lo premier est d'or, et porte cette inscription :
Qui me choisira gagnera ce quebeaucoup d'hommes désirent.
Le second est d'argent, et porte cette promesse :
Qui me choisira aura tout ce qu'il mérite.
Le troisième est de plomb, avec une inscription aussi peu r.emarquable que le métal :
Qui me choisira doit donner et risquer tout ce qu'il a.
Comment saurai-je si je choisis bien?
PORTIA. — Prince, l'un des trois renferme mon portrait : si vous le choisissez, je vous appartiens avec lui.
LE PRINCE DE MAROC. — Pulsse quclquc dieu diriger mon jugement et ma main ! Voyons un peu. Je veux encore jeter les yeux sur les inscriptions. Que dit le coffre de plomb?
Qui me choisira doit donner et risquer tout ce qu'il a.
Doit donner! Pourquoi? Pour du plomb! Risquer pour du plomb? Ce coffre présente une menace. On ne hasarde tout que dans Tespoir de grands avantages. Un cœur