‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 249 sur 301 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

j'entends parler de ce vil politique, de ce Bolingbroke. Du temps de Richard.... Comment appelez-vous cet endroit?... que le diable l'emporte !.... C'est dans le comté de Glocester.... là, au château du duc, de son imbécile d'oncle, son oncle d'York.... ce fut là que je fléchis pour la première fois le genou devant ce roi des sourires, ce Bolingbroke, au moment où vons reveniez avec lui de Ravenspurg.

NORTHUMBERLAND. — C'était au château de Berkley.

HOTSPUR. — Oui, c'est là même!.... Eh bien, quelle quantité de politesses sucrées me fit alors ce chien couchant! voyez,.... qiLand sa fortune, encore au berceau^ awraU grandi. Et.... mon aimable Henri Percy,... et, cher cousin,.. Oh ! que le diable emporte de pareils fourbes î-r Dieu veuille me pardonner ! Bon oncle, dites votl^ affaire, j'ai fini.

wroRCESTER. — Non, si vous n'avez pas fini, continuez; nous attendrons votre loisir.

HOTSPUR. — J'ai fini, sur ma parole.

WORCESTER. — Allous, rovenoDs encore une fois à vos prisonniers écossais. Rendez-leur la liberté sur-le-champ et sans rançon, et que le fils de Douglas soit votre seul agent pour lever une armée en Ecosse. Ce qui, à raison de diverses causes que je vous expliquerai par cet écrit, sera, soyez-en certain, aisément accompli. (A Northwmberland,) Vous, milord, tandis que votre fils sera employé, comme je viens de le dire, en Ecosse, vous vous insinuerez adroitement dans le cœur de ce noble prélat, le meilleur de nos amis, l'archevêque.

NORTHUMBERLAND.— D'York, u'est-ce pas?

WORCESTER. — Lui-même, lui qui supporte avec peine la mort que son frère le lord Scroop a subie à Bristol. Je ne parle pas ici par conjectures ; je ne dis pas ce que je pense qui pourrait être, mais ce que je sais qui est médité, conçu, déjà réduit en plan, et n'attend que les premiers regards de Toccasion propre à le faire éclore.

HOTSPUR. — Je pressens le tout. Sur ma vie, cela réussira.

NORTHUMBERLAND.— Toujours tu lâches la meute avant que la chasse soit ouverte.

418 HENEl IV.

HOTSPUK.— Quoi? Il n'est pas possible que ce plan ne soit excellent. Et ensuite l'armée d'Écosee qt d'York I.... Ah 1 elles se joindront à Mortimer.

woRGESTER. — C'est ce qui arrivera.

HOTspuR.— Sur ma foi, c'est uu projet merveilleusement imaginé.

WORGESTER. — Et nous u'avons pas peu de raisons de nous hâter. Il s*agit de sauver nos têtes en nous mettant à la téta d'une armée ^ *, car nous aurions beau nous conduire aussi modestement que nous pourrions, le roi se croira toujours notre débiteur, et pensera que nous nous jugeons mal récompensés, jusqu'à ce quil ait trouvé moyen de nous payer complètement; et ^ voyez déjà conmie il commence à nous retrancher toute mar- 'que d'amitié.

HOTSPUR. — C'est un fait, c'est un fait. Nous serons vengés de lui.

WORGESTER. — Cousiu, adicu. — N'avance^î dans cette entreprise qu'autant que mes lettres vous indiqueront la route que vous avez à suivre. Quand l'occasion sera mûre, et elle va l'être incessamment, je me rendrai secrètement près de Glendôwer et du lord Mortimer ; c'est là -que vous et Douglas et toutes nos forces, d'après mes mesures, se trouveront à la fois heureusement réunies; et alors nos bras vigoureux seront chargés de nos fortunes, maintenant incertaines entre nos mains.

NORTHUMBERLAND.— Adieu, mou bou frère. Nous réussirons, j'en ai la confiance.

HOTSPUR. — Adieu, mon oncle. Ohl que les heures puissent amener promptement l'instant où les champs de bataille, les coups, les gémissements, applaudiront à nos jeux !

i To 90iA>e our heaAs by raising of a^head :

Bead, armée, corps de troupes.

FIK DU PREMIER ACTE

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