‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 271 sur 301 · ACTE m, SCÈNE I. i · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE I. i

heure avant que le céleste attelage commence à Torient sa course dorée.

MORTiMER.— -Je veux bien de tout mon cœur m'asseoir et l'entendre chanter. Pendant ce temps-là, à ce que je présume, notre traité sera rédigé.

GLENDOWER. — AUous, asseyez-vous. Les musiciens qui vont jouer des instruments volent dans les airs à mille lieues de vous, et cependant ils vont à Imstanl être en ces lieux : asseyez-vous et soyez attentifs.

HOTSPUR. — ^Viens, Kate : tu sais aussi admirablement te coucher. Allons, vite, vite, que je puisse reposer ma tête sur tes genoux.

LADYPERCY. — Laisso-moi tranquille, oison sans cervelle.

(Glendower prononce quelques mots en gallois , et l'on entend des instruments.)

HOTSPUR. — Oh! je commence à m'apercevoir que le diable entend le gallois; cela ne m'étonne pas, il est si capricieux. Par Notre-Dame, il est bon musicien!

LADY PERCY. — Vous dcvriez être musicien des pieds à la tête, car vous n'êtes gouverné que par vos caprices. Allons, tenez-vous tranquille, mauvais sujet, et écoutez cette lady chanter en gallois.

HOTSPUR. — J'aimerais beaucoup mieux entendre Lady^ ma chienne, hurler en irlandais.

LADY PERCY. — Vcux-tu avoir la tête cassée?

HOTSPUR. — Non.

LADY PERCY. — Ticus-toi douc tranquille.

HOTSPUR. — ^Ni Tun ni l'autre : je suis comme les femmes.

- LADY PERCY. — Va, Dicu te conduise.

HOTSPUR. — Au lit de la Galloise ?

LADY PERCY. — QuC dis-tU là ?

HOTSPUR. — Paix ! Elle chante. {Lady Mortimer chante une chanson galloise.) Allons, Rate, je veux que vous me chantiez aussi votre chanson.

LADYPERCY. — Nou, par ma foi.

HOTSPUR. — Non, par ma foi! Mon cœur, vous jurez conunela femme d'un confiseur. Non, par ma foi, et

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aussi vrai que je vis, et comme je veux que Dieu me pardonne, et aussi sûr qu'il fait jour ; vos serments sont d'une étoffe si mince, si légère I On dirait que vous n'êtes jamais sortie des faubourgs de Londres. Jure-moi, Kate, en lady, comme tu en>es une, avec un bon serment qui emplisse la bouche ; et laisse-moi ton par ma foi et ces protestations de pain d'épice aux garnitures de velours* et aux citadins endimanchés. Allons, chante.

LADY PERGY. — Jo uo veux pas chauter.

HOTSPUR. — C est pourtant le plus court chemin pour devenir tailleur, ousifîleur de rouges-gorges. Si nos articles sont copiés, je veux partir d'ici avant deux heures; amis, venez quand vous voudrez.

(Tl sort.)

GLENDOWER. — AUous, allons, lord Mortimer; vous êtes aussi lent que l'impétueux Percy est impatient de partir. Pendant tout ceci, on achève de mettre les articles au net : nous n'avons plus qu'à les sceller, et ensuite, à cheval sans délai.

MORTIMER. — De tout mou cœur.

Londres. — Un appartement du palais.

Entrent LE ROI HENRI, LE PRINCE DE GALLES et des Lords.

LE ROI.— Milords, veuillez vous retirer ; nous avons, le prince de Galles et moi, à causer ensemble : mais ne vous éloignez pas ; dans un moment nous aurons besoin de vous. {Les lords sortent,) Je ne sais pas si Dieu, pour quelque offense que j'aurai commise, a, dans ses secrets jugements, arrêté qu'il ferait sortir de mon propre sang

* Velvet guards. Les femm'es des gros bourgeois de la Cité portaient, dans leurs jours de parure, des robes garnies de bandes de velours.

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