‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 279 sur 301 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

tiendra tête, il ne souffrira pas qu'on lui manque. N'as-tu pas de honte ?

FALSTAFP.— Écoute, Hal, tu sais bien que dans l'état d'innocence Adam a failli : et que peut donc faire le pauvre Jack Falstaff dans ce siècle corrompu ? Tu vois bien qu'il y a plus de chair chez moi que dans un autre, par conséquent plus de fragiUté. — Enfin vous avouez donc que vous avez retomné mes poches?

HENRI. — L'histoire le dit.

FALSTAFF. — Hôtosse, je te pardonne : va préparer le déjeuner; aime ton mari, veille sur tes domestiques, et chéris tes hôtes; tu me trouveras traitable autant que de raison ; tu le vois, je suis apaisé. — Allons, paix ! — ^Je t'en prie, décampe. (L'hôtesse sort.) A présent, Hal, revenons aux nouvelles de la cour... Et l'affaire du vol, mon enfant, qu'est-ce que cela est devenu?

HENRI. — Oh I mon cher Roastbeef, il faut que je te serve encore de bon ange. L'argent est rendu.

FALSTAFF.— Oh! mais je n'aime point du tout cette restitution; c'est faire double travail.

HENRI. — Je suis bien avec mon père, je puis faire tout ce que je veux.

FALSTAFF. — ^Vole-moi donc le trésor royal ; c'est la première chose à faire, et sans te donner la peine de te laver les mains.

BARDOLPH. — Faites cela, milord.

HENRI.— Je t'ai procuré à toi, Jack, une place dans Imfanlerie.

FALSTAFF. — J'aurais mieux aimé que ce fût dans la cavalerie.— Où trouverai-je quelqu'un qui ait la main bonne pour voler? il me faudrait absolument un bon voleur de vingt à vingt-deux ans : je suis diablement dégarni de tout. Enfin, n'importe; Dieu soit loué, ces rebelles ne s'en prennent qu'aux honnêtes gens; je les en estime et honore.

HENRI.— Bardolph !

BARDOLPH.— Prince !

HENRI. — Va-t eu porter cette lettre au lord Jean de Lancastre, mon frère Jean ; celle-ci, à milord de West-

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moreland. Allons, Poins, à cheval ; car nous avons encore, toi et moi, trente milles à faire avant dîner. Jack, viens me trouver demain au temple, à deux heures après dîner : là tu sauras quelle est ta place, et tu recevras tes instructions et de Targent. La terre brûle, Percy est au faite de sa gloire ; il faut qu'eux ou nous descendions de beaucoup.

(Sortent le prince, Poins et Bardolph.)

FALSTAFF.— Courtes paroles, braves gens. — Hôtesse, mon déjeuner, allons. Oh ! que cette taverne n'est-elle le tambour de ma compagnie I

(Il sort.)

FIN DU TROISIÈME ACTE

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