SCÈNE m
Le camp des rebelles près de Shrewsburj.
Entrent HOTSPUR, WORCESTER, DOUGLAS BT VERNON.
HOTSPUR.— Nous lui livrerons combat ce soir.
WORCESTER. — Cela ne se peut pas.
DOUGLAS. — Alors vous lui abandonnez l'avantage?
VERNON.— Pas du tout.
HOTSPUR.—Comment pouvez-vous dire cela? N'attendil pas un renfort?
VERNON. — Et nous aussi.
HOTSPUR. — Le sien est sûr, et le nôtre est douteux.
WORCESTER. — Cher cousin, écoutez la prudence. N'attaquons pas ce soir.
VERNON.— Ne le faites pas, milord.
DOUGLAS. —Votre conseil n'est pas bon : c'est la peur et le défaut de cœur qui vous font parler.
VERNON. — Ne m'insultez pas, Douglas. Sur ma vie (et je le soutiendrai aux dépens de ma vie) si une fois mon honneur bien entendu m'ordonne de marcher en avant, j'écoute aussi peu les conseils de la lâche peur que vous, milord, ou quelque autre Écossais qui soit au monde : on verra demain dans la bataille qui de nous a peur.
DOUGLAS. — Oui, ou plutôt ce soir.
VERNON.— Comme il vous plaira.
HOTSPUR.— Ce soir, dis-je.
VERNON.— Allons : cela n'est pas possible. Ja suis trèsétonné que des chefs aussi expérimentés que vous ne