‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 40 sur 301 · ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III

les, plutôt qu'un ami de cette sorte perde un cheveu par la faute de Bassanio. Venez d'abord à Téglise, nommezmoi vptre épouse, et partez pour aller à Venise trouver votre ami ; car vous ne reposerez point aux côtés de Portia avec une âme inquiète. Je vous donnerai assez d'or pour payer vingt fois cette petite dette. Quand elle sera acquittée, amenez avec vous votre fidèle ami. Cependant, Nérissa ma suivante et moi, nous vivrons conune des filles et des veuves. Allons, venez ; car vous allez partir le jour même de vos noces. Traitez bien vos amis, montrez-leur une mine joyeuse : puisque je vous ai acheté cher, je vous aimerai chèrement. — Mais voyons la lettre de votre ami.

BASSANIO lit. — « Mon ,cher Bassanio, tous mes vais- « seaux se sont perdus: mes créanciers deviennent « cruels; ma fortune est réduite à bien peu de chose. « J'ai encouru la peine portée dans l'obligation faite au « Juif: et puisque en remplissant cette clause il estim- « possible que je vive, toutes vos dettes envers moi se- « ront acquittées si je puis vous voir avant ma mort. « Cependant faites ce que vous voudrez : si ce n'est pas « votre amitié qui vous engage à venir, que ce ne soit « pas ma lettre. »

PORTIA. — 0 mon amour, terminez promptement toute affaire, partez.

BASSANIO. — Puisque vous me donnez la permission de m' éloigner, je vais me hâter. Mais jusqu'à mon retour aucun lit n'aura à se reprocher de me retenir, aucun repos ne viendra se placer entre vous et moi.

(Ils sortent.)

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