‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 67 sur 301 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

tout, VOUS êtes mon domestique ; allez servir mon cousin Shallow. {Simple sort.) Un juge de paix peut avoir quelquefois besoin du valet de son ami, voyez- vous. Je n'ai encore que trois valets et un petit garçon, jusqu'à ce que ma mère soit morte : mais qu'est-ce que ça fait? en attendant je vis encore comme un pauvre gentilhomme.

ANNE. — Je ne rentrerai point sans vous, monsieur; on ne s'assiéra point à table que vous ne soyez venu.

SLENDER. — Sur mou honneur, je ne mangerai pas. Je vous remercie tout autant que si je mangeais.

ANNE. — Je vous prie, monsieur, entrez.

SLENDER. — J'aimerais mieux me promener par ici. Je vous remercie. — ^J'ai eu le menton meurtri l'autre jour en tirant des armes avec un maître d'escrime. Nous avons fait trois passades pour un plat de pruneaux cuits : depuis ce temps je ne puis supporter l'odeur de la viande chaude. — Pourquoi vos chiens aboient-ils ainsi? Avezvous des ours dans la ville ?

ANNE. — Je pense qu'il y en a, monsieur; je Tai entendu dire.

SLENDER.— J'aime fort ce divertissement, voyez-vous; mais je suis aussi prompt à me fâcher que qid que ce soit en Angleterre. — Vous avez peur quand vous voyez un ours en liberté, n'est-ce pas ?

ANNE. — Oui, en vérité, monsieur.

SLENDER. — Oh ! actuellement c'est pour moi boire et manger. J'ai vu Sackerson en liberté vingt fois, et je l'ai pris par sa chaîne. Mais, je vous réponds, les femmes criaient et glapissaient que cela ne peut pas s'imaginer : mais les femmes, à la vérité, ne peuvent pas les souffrir ; ce sont de grosses vilaines bêtes.

(Rentre Page.)

PAGE. — ^Venez, cher monsieur Slender, venez; nous vous attendons.

SLENDER. — Je ne veux rien manger : je vous rends grâces, monsiem\

PAGE. — De par tous les saints, vous ne ferez pas votre volonté : "allons, venez, venez.

(Le poussant pour le faire avancer.)

llO LES BOURGEOISES DE WINDSOR.

SLENDER. — Non, je vous prie ; montrez-moi le chemin.

PAGE. — Passez donc, monsieur.

SLENDER. — C'est VOUS, mlstriss Anne, qui passerez la première.

ANNE. — Non pas, monsieur; je vous prie, passez.

SLENDER. — ^Vraiment, je ne passerai pas le premier; non, vraiment, là, je ne vous ferai pas cette impolitesse.

ANNE. — ^Je vous en prie, monsieur.

SLENDER. — J'aime mieux être incivil qu'importun. C'est vous-même qui vous faites impolitesse, là, vraiment.

(Ils sortent.)

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